« Baron noir », « House of Cards », « A la Maison Blanche »… le goût de la politique derrière son écran

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Publié aujourd’hui à 16h00

En une fraction de seconde, sa tête vacille, ses officiers de sécurité derrière lui le saisissent. Ce 8 juin 2021, Emmanuel Macron vient d’être giflé par un homme, lors d’un déplacement dans la Drôme. « La gifle, c’est dans la dernière saison de Baron noir ! », nous écrit dans la foulée Gaspard Gantzer, l’ancien conseiller en communication de François Hollande, que nous interrogions la veille sur son appétence pour les séries politiques. A cette occasion, ce fan de la production américaine A la Maison Blanche (sept saisons, 157 épisodes) avait glissé, prophétique : « En politique, le réel crée la fiction, et la fiction le réel. »

Comment, en effet, ne pas voir le parallèle troublant entre cette gifle et celle reçue dans Baron noir par la présidente Amélie Dorendeu, volontiers perçue comme une incarnation d’Emmanuel Macron ? Une heure plus tard, autre texto, du côté de La France insoumise (LFI) cette fois : « Qui inspire qui ? », s’interroge le député Alexis Corbière. De la poule ou de l’œuf, difficile de répondre.

Des six saisons de House of Cards aux trois de Baron noir, en passant par la danoise Borgen, une femme au pouvoir (trois saisons, 30 épisodes), les séries politiques sont devenues des objets de débat et d’identification chez les élus, les militants, les membres des cabinets ou les assistants parlementaires. Fenêtres de notre siècle sur l’exercice du pouvoir, elles sont autant de miroirs tendus aux habitués de cet univers qui, de plus en plus, racontent se délecter de ces œuvres populaires, et même s’en inspirer. En dépit d’une peinture parfois peu reluisante, elles entretiennent une fascination pour les rouages du pouvoir, jusqu’à attiser certaines flammes.

Chez Morgane L’Haridon, on ne parlait pas de politique. Cette jeune assistante parlementaire de deux députés européens écologistes s’y est intéressée dans l’intimité de sa chambre, avec A la Maison Blanche comme guide. « C’était si enthousiasmant, l’adrénaline des prises de décision et tous ces actes importants qui émanaient d’une équipe de trois ou quatre personnes auprès d’un élu, se souvient-elle. Ce sont des métiers auxquels je ne pensais même pas. »

De fait, ces séries ont fait émerger une myriade de rôles de l’ombre, au plus près de ceux qui s’activent hors des radars, à commencer par le fameux spin doctor, ce conseiller en communication auquel on devrait souvent, à en croire ces fictions, le tournant d’une élection.

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