« Bastille », un nouveau mensuel pour restituer « le monde dans lequel on vit »

Après Franc-tireur, l’hebdomadaire dirigé par Christophe Barbier et attendu pour la mi-novembre, les kiosques accueilleront un nouveau venu à partir du 1er décembre. Lancé par deux anciens journalistes de l’agence Reuters, William Emmanuel et François Thomazeau, respectivement directeur de la publication et directeur de la rédaction, Bastille se veut « humaniste » et « bienveillant ».

Aspirant à « raconter le monde à travers les gens », le mensuel se veut dénué de toute posture idéologique et de toute volonté de traiter la campagne présidentielle qui s’ouvre, mais ouvert aux récits menés sur la longueur, et déterminé à porter « une attention particulière à ceux qui s’engagent pour améliorer le sort de l’humanité ». « L’offre française de news magazines est très vaste, mais nous avions du mal à trouver celui que nous avions réellement envie de lire », justifient M. Emmanuel et M. Thomazeau, citant, au nombre de leurs références, The New Yorker, Harper’s Bazaar ou encore Vanity Fair.

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Une campagne de préabonnement (l’engagement d’un an coûte 88 euros) s’est ouverte, lundi 18 octobre, sur le site du magazine, ainsi que sur Twitter et Facebook, avec l’espoir d’atteindre rapidement entre 15 000 et 20 000 abonnés. Le premier tirage devrait s’élever à 25 000 exemplaires, tandis que chaque numéro sera vendu au prix unitaire de 8 euros.

Le capital de la société, entièrement détenu par William Emmanuel, qui poursuit son activité de consultant financier, s’élève à 37 000 euros. « Des investisseurs, dont trois anciens dirigeants du CAC 40, ont pris l’engagement de nous soutenir en cas de besoin », annonce-t-il, affirmant qu’il restera, quoi qu’il arrive, l’actionnaire majoritaire. Parmi ces soutiens potentiels se trouve l’homme d’affaires Hervé Vinciguerra, généreux donateur de l’association de lutte contre la corruption Anticor longtemps resté anonyme et dont la participation au financement du site d’information Blast, dirigé par Denis Robert, avait fait polémique au printemps.

Remettre au goût du jour les formats longs

Depuis, selon nos informations, M. Vinciguerra a investi, au travers du Fonds de dotation pour la liberté d’informer Héliée qu’il a créé, dans le média en ligne Streetpress, et a proposé son aide, en vain, à QG – Le média libre, d’Aude Lancelin. « S’il devait y avoir la moindre volonté d’influer sur la ligne éditoriale du magazine, je m’en irais », prévient François Thomazeau.

Mûri de longue date (un premier numéro pilote aurait été conçu dès 2014), ce magazine d’une centaine de pages vise à remettre au goût du jour les formats longs et les articles d’écrivains, « comme ceux des [Albert] Londres, [Antoine de] Saint-Exupéry, [Joseph] Kessel, [André] Malraux… », poursuit le journaliste, lui-même auteur de multiples ouvrages, dont de nombreux polars.

Jean-Christophe Rufin (Prix Goncourt 2001 pour « Rouge Brésil ») en présidera le comité éditorial, en cours de constitution, tandis que Régis Jauffret (« Sévère », « Claustria ») signera l’article principal du premier numéro. Les scénaristes et écrivains Patrick Raynal et Jean-Paul Delfino, ainsi que les romancières Louise Chennevière et Clarisse Gorokhoff, figureront parmi la dizaine d’auteurs réguliers du magazine. L’écrivain Eric Faye animera la rubrique culturelle, où l’on retrouvera notamment les signatures de Michel Palmiéri sur le cinéma et de Pierre Sérisier pour les séries télévisées. « Dans un an, celui qui aura lu tous les Bastille aura une idée assez juste du monde dans lequel il vit », revendiquent ses fondateurs.