Bataille autour de la future Maison du dessin de presse

Le président français Emmanuel Macron annonce la création de la Maiso du dessin de presse lors de ses vœux de nouvelle année à la presse au palais de l’Élysée à Paris, le 15 janvier 2020.

Un nouvel épisode de Paris contre la province ? Vingt mois après avoir annoncé son intention de créer une « Maison du dessin de presse et du dessin satirique », Emmanuel Macron devrait désigner dans les prochaines semaines le lieu d’accueil de l’établissement, convoité par plusieurs villes. « Le choix interviendra cet automne », assure un conseiller de l’exécutif. Signe de l’imminence de la décision, le ministère de la culture a annoncé, le 22 septembre, avoir débloqué 2 millions d’euros dans son budget 2022 pour ce lieu.

La décision de créer une Maison du dessin de presse a été prise par le chef de l’Etat lors du cinquième anniversaire de l’attentat de Charlie Hebdo, perpétré le 11 janvier 2015. « La France est toujours aux côtés […] de ceux qui défendent la liberté d’expression », avait déclaré M. Macron lors de ses vœux à la presse, le 15 janvier 2020, assurant que la Maison serait « un lieu de rencontre, de formation, d’exposition ». « Nous sommes un pays où la liberté de critiquer va avec la liberté de s’exprimer », avait-il justifié.

Mais départager les métropoles qui se disputent le musée se révèle ardu. Trois villes sont encore en lice : Paris, Strasbourg et Limoges, cette dernière associée au village voisin de Saint-Just-le-Martel, où se tient, depuis 1982, le Salon international de la caricature, du dessin de presse et d’humour. Un temps candidate, Bordeaux a jeté l’éponge après les élections municipales de juin 2020, le nouveau maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Pierre Hurmic, ne souhaitant pas concurrencer la candidature de Limoges, selon lui plus légitime.

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Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, publiée le 5 septembre, Maryse Wolinski, la veuve du dessinateur assassiné, et plusieurs auteurs de Charlie Hebdo ont pris parti pour le projet d’un lieu parisien pour « défendre [l]e langage [du dessin de presse], le diffuser, le rendre accessible à tous » et « accompagner les dessinateurs, ne pas laisser seuls les professeurs et les associations ». « Il ne manque plus que votre engagement, celui de l’Etat, qui ne serait autre que le respect de la parole donnée », écrivent les signataires à l’adresse du président de la République.

Tropisme parisien dénoncé

De fait, Georges Wolinski avait été le premier a évoquer l’idée d’une maison du dessin de presse, au début des années 2000. L’illustrateur avait même rédigé un rapport en 2007, dans lequel il réclamait un lieu pour défendre « la caricature, le dessin politique et social, le dessin d’humour ». « Une telle structure devrait être située à Paris, pour bénéficier à la fois du prestige de la capitale et de la proximité des grandes institutions », indiquait le rapport. « Eu égard à ce qui s’est passé à Charlie Hebdo, choisir Paris serait logique », convient-on au sein de l’exécutif.

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