Biélorussie, Coluche, planète en danger : les replays du week-end

Manifestation à Minsk.

LA LISTE DE LA MATINALE

Cette semaine, un documentaire rebondit sur la tragique actualité biélorusse, un réalisateur nous fait découvrir sous un nouveau jour l’Antarctique, tandis que des scientifiques nous alertent sur les « seuils limites » que notre planète aura bientôt atteints. Plus réjouissant, on (re)découvre la place centrale qu’ont jouée les femmes dans les révolutions de la peinture moderne depuis 1850. Et l’on se bidonne avec un certain Coluche, mort il y aura trente-cinq ans, le 19 juin.

Avoir 20 ans à Minsk

Près de trois semaines après le détournement d’un avion par la Biélorussie pour arrêter un opposant, ce documentaire porte un regard cru sur le régime d’Alexandre Loukachenko. Réélu pour un sixième mandat en août 2020, l’autocrate moustachu a réussi à souder une bonne partie de sa population contre lui, dont la jeunesse, dont l’évocation est au cœur de ce documentaire.

Après dix ans passés à l’étranger, dont sept en France, le réalisateur Andreï Vaitovich, âgé de 26 ans, a décidé, en août 2020, de rentrer dans son pays natal pour y filmer les élections, ses amis, et l’histoire en marche. « Avant les élections, on ne connaissait pas ses voisins, confie Nastya, une danseuse interrogée dans le documentaire. Maintenant, on est tous unis. »

Le réalisateur montre une jeunesse révoltée qui s’interroge : doit-on manifester au risque d’être emprisonné, voire pire ? Doit-on s’exiler et continuer la lutte en dehors du pays ? Outre Nastya, il rencontre Alexei, jeune informaticien passé à tabac, ou Kiryl, son copain réfugié à Varsovie, où vivent en colocation six étudiants biélorusses tentant tant bien que mal d’imaginer l’avenir. Andreï veut y croire, qui dit de sa voix douce : « La Pologne et la Lituanie nous aident. L’Europe ne doit pas nous oublier ». Alain Constant

« Razam (ensemble), un roman biélorusse », documentaire d’Andreï Vaitovich (France, 2021, 52 min), sur LCP.fr.

Les artistes femmes sortent de la réserve

« Sur quels critères retient-on une artiste ? Quels mécanismes sont à l’œuvre dans l’oubli ? Les expositions d’artistes féminines favorisent-elles leur reconnaissance ou les cantonnent-elles à une niche ? » Dans son documentaire, Susanne Radelhof pose sans ambages la question de la place des artistes féminines qui ont marqué la peinture depuis 1850, remettant en question les récits construits par l’histoire de l’art. Elles furent nombreuses, adulées un temps de leur vivant, à sombrer dans l’oubli. Toutes ont en commun de s’être risquées sur des terrains alors farouchement réservés aux hommes, avec une créativité radicale. Ainsi de Berthe Morisot, cofondatrice et star de l’impressionnisme de son vivant, mais dont le nom est souvent éclipsé par ceux de Manet, Renoir, Cézanne ou Degas. Ou de Natalja Gontscharowa, peintre avant-gardiste russe, de la Suédoise Hilma af Klint, précurseuse de l’abstraction, de Germaine Krull, pionnière de la photographie moderne, de Kiki Kogelnik, pionnière du pop art, de Valie Export, icône de la performance… La réalisatrice donne largement la parole aux femmes qui exhument ces artistes trop vite oubliées, et met en avant l’idée que c’est l’accession des femmes aux postes de directrice de musée, conservatrice et critique d’art qui a permis l’évolution des regards. Mouna El Mokhtari

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