Biométrie, QR code, hologrammes… Sur Internet, les mots de passe bientôt aux oubliettes

Par Sophy Caulier

Publié aujourd’hui à 17h00

En juillet dernier, alors qu’elle veut faire une mise à jour sur Infogreffe, l’assistante d’Arnaud Garnier découvre que AGDI, la société de démolition créée par son patron, a été radiée fin juin. La demande de radiation, effectuée auprès du tribunal de commerce, a été transmise par Internet avec de faux documents. Cette escroquerie, relatée dans le 20 Heures de France 2, mi-août, est loin d’être un fait isolé.

Selon l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), pas moins de 200 000 Français seraient victimes chaque année d’une usurpation d’identité. Certes, la gendarmerie nationale possède de nombreux exemples de documents contrefaits qu’elle analyse et documente pour repérer les techniques utilisées par les faussaires, mais la dématérialisation permise par le numérique facilite la tâche des escrocs et rend plus difficile la vérification de l’authenticité d’un document. Qu’il s’agisse d’un diplôme, d’un titre de séjour, du résultat d’un test Covid-19, d’un passeport ou d’un contrat, pas facile de vérifier en ligne qu’un document n’a pas été contrefait.

« On peut difficilement estimer le coût de l’usurpation en France, les mafias ne publient pas leurs résultats ! Elles sont devenues très professionnelles, elles industrialisent les fraudes à grande échelle. Et avec le numérique, vous ne savez pas toujours qu’on vous a volé votre identité puisqu’il n’est plus nécessaire de vous voler le document physique, des données peuvent suffire à produire un faux document numérique », explique Emilie Thebault, fondatrice et directrice générale de SerendpTech, éditeur d’une application qui vérifie l’authenticité d’un titre et l’identité de son propriétaire. Les conséquences de l’usurpation sont lourdes. Souvent, l’usurpé se retrouve « fiché Banque de France », autrement dit, il est interdit bancaire et n’a plus accès au crédit. Et pour longtemps si le titre usurpé a une durée de vie longue.

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La nouvelle carte nationale d’identité électronique (CNIE), délivrée dans toute la France depuis le 2 août, devrait contribuer à réduire la fraude et l’usurpation d’identité. Elle met la France en conformité avec un règlement européen dont le but est de renforcer la sécurité des titres d’identité des citoyens de tous les Etats membres de l’Union européenne. Au format d’une carte bancaire, la nouvelle CNIE comporte plusieurs dispositifs de sécurité, notamment des données biométriques intégrées dans une puce et une signature électronique dans un QR code, rendant difficile sa contrefaçon.

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