Birmanie : « La reconnaissance du Gouvernement d’unité nationale (NUG) enverrait un message fort et, aujourd’hui, vital à la population »

Tribune. Aujourd’hui plus que jamais, les 55 millions de Birmans ont besoin du soutien de la France. A l’Assemblée générale des Nations unies, notre délégation participe à un débat sur la reconnaissance du Gouvernement d’unité nationale (NUG, acronyme de l’anglais National Unity Government), qui, après avoir remporté une écrasante victoire lors des élections législatives du 8 novembre 2020, a été évincé par un coup d’Etat militaire, seulement quelques heures avant d’entrer en fonctions.

L’ONU a déjà refusé de reconnaître la junte et, pour le moment, a laissé l’ambassadeur du NUG à sa place de représentant de la Birmanie. Cependant, les délégations de l’Assemblée générale, dont la française, doivent passer à l’étape suivante et reconnaître formellement le gouvernement birman élu démocratiquement.

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La non-reconnaissance du NUG aurait deux effets qui aggraveraient la situation en Birmanie : d’une part, elle serait susceptible de renforcer la junte et de lui donner le feu vert pour continuer la répression, qui a déjà fait plus de 1 000 morts, répression que le rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Birmanie a qualifiée de « campagne de terreur par la force brute », et, d’autre part, elle affaiblirait considérablement la médiation internationale et régionale.

En accord avec la position de l’ONU

A l’inverse, reconnaître le NUG enverrait un message fort selon lequel la France soutient fermement la démocratie et les droits humains, auxquels le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a souvent fait référence dans ses derniers discours à l’ONU. Cette reconnaissance soutiendrait les efforts visant à résoudre la crise en Birmanie par un dialogue pacifique.

Elle serait également le signal sans équivoque envoyé à la junte que son refus de dialoguer « jusqu’à ce que la violence s’arrête en Birmanie » ne peut que conduire à l’isolement économique et diplomatique.

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Enfin, la reconnaissance du NUG est la seule suite possible aux condamnations par la France du coup d’Etat et des mesures de sanctions prises, aux côtés de ses alliés majeurs, nonobstant le fait que ces sanctions n’ont d’ailleurs que peu ou pas d’impact sur le terrain. De façon plus générale, la reconnaissance du NUG serait en adéquation avec la résolution adoptée, à une majorité écrasante et avec le soutien de la France, par l’Assemblée générale de l’ONU, le 18 juin 2021, condamnant le coup d’Etat et appelant l’armée birmane à « respecter la volonté du peuple ».

L’Etat représente la volonté du peuple

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