Blé, orge, oja, sucre, café ou fruits, le cours des produits alimentaires flambent

Moisson de petit épeautre à la ferme d'Orvilliers, à Broué (Eure-et-Loir), le 5 août 2020.

A la boulangerie Attos, boulevard Saint-Marcel, à Paris, le prix de la baguette tradition est passé cet été de 1,20 à 1,30 euro. Soit près de 8 % de hausse. Si tous les artisans boulangers n’ont pas franchi ce pas, le cas n’est pas isolé. Il illustre bien la pression des hausses de matières premières sur les prix alimentaires.

L’évolution du cours du blé tendre, prisé par les fabricants de baguettes et de viennoiseries, est, à ce titre, exemplaire. Mi-août, la tonne de grains dorés, livrée à Rouen, se négociait à plus de 250 euros. Du jamais-vu depuis janvier 2013. Même s’il a quelque peu reflué en septembre, le cours affiche une progression de près de 25 % en un an.

Mais les esprits se sont surtout échauffés cet été sur un risque de pénurie de blé dur, et donc sur une flambée de son cours. Il a lui aussi bondi de plus de 20 %, pour atteindre 335 euros la tonne, livrée à La Pallice (Charente-Maritime). Les industriels fabricants de pâtes ont tiré la sonnette d’alarme, en août, pour tenter d’obtenir une renégociation des tarifs auprès de la grande distribution.

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Les blés ne sont pas seuls à voir leur cotation s’enflammer. L’orge, le soja, le colza, le sucre, le café ou les fruits sont tout autant aspirés dans une spirale haussière. Les aléas météorologiques, avec la canicule enregistrée au Canada, la sécheresse puis le gel au Brésil, les pluies trop abondantes et le gel en France, ont perturbé les espoirs de récolte. A cela s’ajoute une demande soutenue avec la reprise économique.

Explosion des coûts de fret maritime

Signe de cette envolée mondiale des cours, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a annoncé, début septembre, que son indice des prix mondiaux des produits alimentaires était reparti à la hausse en août après deux mois de repli. Il affiche un bond de 32 % en un an, porté par les céréales, les huiles et le sucre. Il s’approche du plus haut de l’année, atteint en mai, et du record historique, enregistré en février 2011.

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Mais les industriels de l’agroalimentaire ne s’inquiètent pas uniquement du bond des cours des matières premières agricoles. Ils subissent également la hausse soudaine du prix des emballages, que ce soit le carton ou l’aluminium. L’Association nationale des industries alimentaires (ANIA), après avoir mené un sondage parmi ses membres, estime qu’elle est comprise entre 12 % et 24 %. Elle met aussi en exergue la progression des tarifs logistiques, avec une explosion des coûts de fret maritime.

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