Bob Dylan, David Crosby, David Bowie… Folles surenchères financières autour des « papys » du rock

Une partition signée d’« It Ain’t Me Babe » par Bob Dylan, vendue aux enchères à New York, en avril 2018.

Les chansons et les tubes du rock ou de la pop se métamorphosent en objets d’intenses opérations financières. Grâce à l’explosion du streaming, qui permet à des vieux hits d’être bien davantage écoutés qu’auparavant, les catalogues musicaux des stars anglo-saxonnes des années 1960 et 1970 se rachètent à prix d’or. Cette semaine encore, les ayants droit de David Bowie ont confirmé au Financial Times négocier pour 200 millions de dollars (173 millions d’euros) les droits de la quasi-totalité des albums mythiques du chanteur flamboyant, de Ziggy Stardust (1972) à Let’s Dance (1983) en passant par Heroes (1977).

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Depuis l’annonce, en décembre 2020, du rachat (pour 300 millions à 400 millions de dollars) du catalogue de 600 chansons de Bob Dylan par Universal Music Publishing – filiale édition musicale du numéro un mondial de la musique, Universal Music Group (UMG) –, c’est la frénésie. La litanie s’allonge chaque jour : le chanteur californien David Crosby a confié ses droits à Iconic Artists Group, la société d’Irving Azoff, qui gère aussi ceux de Pharrell Williams. Taylor Swift a cédé ses six premiers albums à un fonds d’investissement.

La chanteuse du groupe Fleetwood Mac, Stevie Nicks, a, elle, monnayé 80 % de son catalogue à Primary Wave Music. Grâce à l’application mobile TikTok, sa chanson Dreams, sortie en 1977, a effectué un sidérant retour en grâce aux Etats-Unis en 2020. L’icône de la contre-culture américaine Paul Simon leur a emboîté le pas, en vendant plus de six décennies de chansons à Sony Music Publishing. Là encore pour un montant à « neuf chiffres » (plus de 100 millions de dollars), selon le site Music Business Worldwide. Les acheteurs restent fort peu diserts sur les contrats taillés sur mesure pour chaque artiste. Certains d’entre eux récupéreront un pourcentage des recettes une fois leur avance remboursée.

Puissants investisseurs

Face à l’oligopole formé par les trois grandes majors du secteur (UMG, Sony Music et Warner Music), de nouveaux concurrents déboulent sur ce marché et réussissent à s’imposer. Si le groupe américain Aerosmith a choisi UMG, Neil Young a lâché la moitié de son catalogue à Hipgnosis Songs Fund, l’entreprise de Merck Mercuriadis basée à Guernesey et cotée à la City. Lors de son exercice clos fin mars, le groupe a investi 1,08 milliard de dollars pour acquérir 84 catalogues, dont ceux de Red Hot Chili Peppers, des cofondateurs du groupe Blondie ou encore des tubes iconiques de Shakira et des B-52’s. Au total, le groupe gère plus de 60 000 chansons.

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