Bourse : est-ce le moment d’investir sur les marchés émergents, notamment chinois ?

Si la Chine est le leader incontesté de la zone émergente, les gérants favorisent aussi ses voisins Taïwan et la Corée du Sud.

La performance boursière reflète, sur le long terme, la croissance économique d’une société ou d’une économie. A plus court terme, les marchés peuvent néanmoins diverger de la réalité économique. Ainsi, malgré une croissance de la Chine à 18 % au premier trimestre 2021, et un deuxième trimestre à 7,9 %, les actions chinoises n’ont guère brillé en Bourse sur la même période avec, par exemple, une progression de seulement 4,6 % au premier semestre pour l’indice MSCI China.

Le pays, par sa taille et sa puissance, emmène avec lui toute l’Asie. Il est aussi l’un des poids lourds des marchés émergents, pesant environ 35 % de l’indice représentatif du secteur, le MSCI Emerging Market. Celui-ci a gagné 11 % au premier semestre 2021, contre près de 16 % pour les actions internationales.

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Plusieurs raisons justifient ce trou d’air. La banque centrale chinoise, à contre-courant du reste du monde, a resserré sa politique monétaire, ce qui a réduit les liquidités disponibles pour financer l’expansion économique. Surtout, Pékin a durci le ton contre les acteurs du secteur technologique (Alibaba, Tencent…) puis, cet été, contre le secteur éducatif privé.

Pékin a durci le ton

« Le gouvernement chinois met une pression réglementaire sur le secteur technologique afin de limiter les monopoles », explique Xavier Hovasse, gérant et responsable de l’équipe actions émergentes au sein de la société de gestion Carmignac.

Si cela a inquiété les marchés et pénalisé la valorisation de ces entreprises, les gérants y voient aussi du positif. « C’est favorable à plus long terme car cette loi va aider à faire croître le secteur de manière saine », estime Michel Audeban, directeur général de la société de gestion spécialisée sur les marchés émergents Gemway Assets. Il estime que la reprise en main du secteur privé par Pékin arrive à son terme.

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Enfin, les investisseurs sont accaparés par le rebond qui s’opère aux Etats-Unis et en Europe. « Le momentum économique montre un intérêt plus marqué pour les économies occidentales », note Frédéric Rollin, conseiller en stratégie d’investissement chez Pictet Asset Management.

Des prix attractifs

Mais cette phase ne devrait durer qu’un temps. « Le marché chinois devrait évoluer en tôle ondulée jusqu’à l’automne, anticipe M. Audeban. Après le rebond économique, la normalisation va se profiler en Europe et les émergents retrouveront alors de l’attrait. »

Car la zone, surtout la Chine, conserve de nombreux atouts pour les investisseurs sur le long terme. « La Chine est l’économie mondiale la mieux gérée, affirme M. Hovasse. Sa politique monétaire orthodoxe lui donne les moyens de relancer son économie en cas de besoin, et elle investit dans des secteurs porteurs comme les énergies renouvelables, l’intelligence artificielle, l’éducation, la santé. »

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