Bourse : gestion passive contre gestion active

Jusqu’à présent, et à la différence des épargnants américains, les Français ont boudé les ETF, les fonds qui répliquent les indices boursiers.

A la fin des années 1980, le Wall Street Journal tenta une expérience inédite : comparer les performances de portefeuilles de gestionnaires professionnels à celles de paniers composés de titres choisis au hasard. Et, contre toute attente, elles ne se démarquèrent pas des secondes dans cet exercice d’évaluation.

Depuis, le test s’est répété avec des méthodes diverses : noms des actions mis sur une cible et sélectionnés grâce à l’envoi de fléchettes, ou même triés par des… chimpanzés. Avec toujours la même conclusion : les spécialistes ne font pas mieux que le hasard ou l’intelligence simiesque.

Aujourd’hui, d’autres études, plus sophistiquées, montrent que très peu de fonds gérés activement par des professionnels parviennent à battre l’ensemble du marché sur le long terme. En clair, malgré leur anticipation, leur analyse, leur sélection de titres, ces gestionnaires n’arrivent pas à dépasser les grands indices boursiers comme le CAC 40 parisien ou le Dow Jones new-yorkais.

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Fort de cette constatation, des fonds qui répliquent exactement le parcours des indices boursiers ont été créés aux Etats-Unis au début des années 1990. Ces produits financiers baptisés « ETF » (« exchange-traded funds ») connurent rapidement le succès, et ils apparurent de ce côté-ci de l’Atlantique une dizaine d’années plus tard.

Aujourd’hui, cette gestion dite « passive » ne cesse de se développer à travers le monde. Avec de bonnes raisons. Ces fonds indiciels, malgré les noms barbares dont on les affuble (ETF, ou encore trackers), disposent d’atouts indiscutables : leur évolution à la hausse ou à la baisse est facile à comprendre, ils sont aisés à acheter ou à vendre et, surtout, les coûts liés à l’utilisation de ces fonds sont réduits.

Allergie au risque

Pourtant, jusqu’à présent, et à la différence des épargnants américains, les Français ont boudé les ETF. D’abord parce que les intermédiaires financiers préféraient sans doute mettre en avant des produits plus chargés en frais, ensuite parce que ces fonds profitent des bonds des Bourses, mais ne peuvent résister à leur chute. De quoi refroidir nos compatriotes allergiques au moindre risque.

C’est là le grand avantage théorique des fonds gérés activement : lorsqu’ils anticipent une baisse de certains actifs, les gérants peuvent modifier leurs investissements pour diminuer leur exposition. Dans la pratique, bien peu d’entre eux parviennent à bénéficier pleinement des hausses et à éviter les à-coups des marchés. Pour les particuliers qui veulent diversifier une partie de leur épargne en Bourse, les ETF restent donc une solution simple et peu onéreuse. Mais pas question de se lancer tête baissée. Le dossier que nous publions va vous permettre de faire les bons choix.