Bouygues a signé une promesse d’achat avec Engie pour acquérir Equans

La tour d’Engie, dans le quartier d’affaire de la Défense jouxte la tour Sequoia, qui loge une partie du ministère de la transition écologique, le 16 juillet 2019.

Bouygues a annoncé samedi 6 novembre avoir signé une promesse d’achat avec Engie en vue d’acquérir Equans, la filiale de services multitechniques de l’énergéticien français sur la base d’une valeur d’entreprise de 6,7 milliards d’euros.

Dans un communiqué, Bouygues explique qu’Equans aura pour objectif d’atteindre, à moyen terme, une marge opérationnelle courante supérieure à 5 %. « Le potentiel de synergies lié à la transaction est estimé, en régime de croisière, entre 120 millions et 200 millions d’euros par an, suivant les scenarii », ajoute l’entreprise.

Des trois derniers candidats encore en lice, c’est donc Bouygues qui l’a emporté. Le groupe de BTP avait été choisi vendredi pour entrer en négociations exclusives.

Outre Bouygues, le groupe de BTP Eiffage avait déposé une offre engageante. Le fonds américain Bain Capital, allié au financier français Marc Ladreit de Lacharrière, fondateur de la holding diversifiée Fimalac, avait lui aussi fait une offre.

Engie visait un prix de vente de plus de 6 milliards d’euros, il obtient 6,7 milliards d’euros, après avoir annoncé la veille une valorisation à 7,1 milliards. « L’offre de Bouygues était la mieux-disante au regard de l’ensemble des critères retenus par Engie, y compris sur le plan financier », a justifié Engie dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi 5 à samedi 6 novembre. « Elle valorise 100 % d’Equans à 7,1 milliards d’euros en valeur d’entreprise et réduira de 7 milliards d’euros la dette nette économique d’Engie », est-il précisé.

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Balayer les suspicions

Entité créée en vue d’une scission des activités de services techniques du géant de l’énergie, Equans regroupe les activités de climatisation, chauffage et ventilation, électricité, numérique, mécanique, services généraux, etc. Il génère un chiffre d’affaires annuel de plus de 12 milliards d’euros et emploie plus de 74 000 personnes dans le monde, dont 27 000 en France.

« Bouygues s’est engagé à ne mettre en œuvre aucun plan de départs contraints en France et en Europe pendant une durée de cinq ans à compter de la réalisation de l’opération, et à la création nette de 10 000 emplois sur cinq ans », ajoute l’énergéticien pour balayer d’éventuelles suspicions.

En privé, certains craignaient que l’Etat, premier actionnaire d’Engie avec 23,6 % du capital, ne manifeste, à cinq mois de la présidentielle, une préférence pour Bouygues, propriétaire de TF1. Depuis le 4 octobre, et l’annonce du non-renouvellement de la présidente de l’Autorité de la concurrence, Isabelle de Silva, les milieux d’affaires interprètent cette décision comme une reprise en main du politique pour faciliter le rachat de M6 par TF1.

La direction d’Engie avait expliqué que, pour faire son choix, elle allait prendre en compte « la solidité du projet industriel et la qualité du projet social contenues dans ces offres », ainsi que « la valorisation proposée ».

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Finalisation attendue au second semestre 2022

« Nous sommes vigilants sur l’emploi, les enjeux de souveraineté et l’identité des futurs repreneurs », avait déclaré de son côté l’entourage du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Bercy se dit par ailleurs d’accord sur le fond avec la stratégie d’Engie visant à se concentrer sur les énergies renouvelables et les réseaux.

La finalisation de la cession est attendue au second semestre 2022, « une fois mené à bien le processus d’information-consultation des instances représentatives du personnel d’Engie et sous réserve de l’obtention des autorisations des autorités réglementaires », précise le communiqué d’Engie.

Pour Bouygues, ce rachat « s’inscrit dans la démarche stratégique du groupe visant à faire émerger un acteur majeur des services multitechniques », avait expliqué, mercredi, le groupe de BTP, après avoir déposé la veille une offre engageante.

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Dès la fin d’août, Bouygues avait annoncé être intéressé par le rachat d’Equans. « Géographiquement, les marchés d’Equans, Europe et Etats-Unis, correspondent aux endroits où l’on souhaite se développer », avait alors argumenté Olivier Roussat, directeur général du groupe.

Le Monde avec AFP et Reuters