Budget 2022 : la difficile sortie du « quoi qu’il en coûte »

Le rituel estival s’est achevé il y a une semaine. Une vingtaine de ministres, de Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, au garde des sceaux, Eric Dupond-Moretti, ont défilé depuis la mi-juin au cinquième étage de Bercy, certains dès 8 heures, pour défendre leurs prétentions financières pour la dernière année du quinquennat. « Ils ont la volonté de finir le mandat en portant les priorités politiques du gouvernement. Mais le “quoi qu’il en coûte” a fait bouger les repères », admet, sourire pincé, le ministre délégué aux comptes publics, Olivier Dussopt, au terme de ce marathon. Rappelant qu’« il y a cinq ans, 200 millions d’euros, c’était beaucoup d’argent ».

Tous les ministres, ou presque, ont demandé plus que prévu. Et même s’« il n’y a pas eu de psychodrame », assure M. Dussopt, les réunions d’arbitrage budgétaires ont été vives, tant l’exécutif s’est habitué, depuis seize mois de crise sanitaire, à voir grandes ouvertes les vannes budgétaires. « Le budget 2022 reste un budget de relance, assure l’ancien socialiste. Nous espérons qu’il ne comportera plus de mesures d’urgence qu’à la marge. »

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En tout, l’enveloppe supplémentaire demandée par les ministres atteint pas moins de 22 milliards d’euros. « On ne peut pas dire non à tout, on ne peut pas dire oui à tout », prévient M. Dussopt. A Bercy, on s’agace particulièrement des exigences de prorogation ou de pérennisation des aides d’urgence et de relance, censées revêtir un caractère exceptionnel. « Le gonflement de l’enveloppe MaPrimeRenov ou les primes à l’embauche de jeunes ou d’apprentis, il va bien falloir arrêter », grince-t-on. Sur la vingtaine de ministres reçus, un seul a proposé une mesure d’économies, modeste : la suppression d’un prélèvement sur un fonds de trésorerie, suggérée par le ministre des outre-mer, Sébastien Lecornu. Toutes les autres pistes d’économies identifiées par les ministres servaient à financer d’autres projets.

Le verdict ne saurait tarder. Pour les ministères les plus gourmands – éducation, transition écologique, justice, culture, logement, intérieur… –, les ultimes arbitrages se font traditionnellement à Matignon. Pour les quelques ministres déçus, ces réunions y auront lieu en début de semaine en présence du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Puis le débat d’orientation des finances publiques, prévu jeudi 15 juillet à l’Assemblée nationale, sera l’occasion pour Bercy de présenter comme chaque année aux parlementaires les plafonds de dépenses et d’emploi par ministère pour 2022.

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