Burkina Faso : le Fespaco, plus grand festival de cinéma d’Afrique, débute samedi à Ouagadougou

L’affiche officielle de la 27e édition du Fespaco.

Le plus grand festival de cinéma d’Afrique, le Festival panafricain de cinéma et de télévision de Ouagadougou (Fespaco), débute samedi 16 octobre à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, un pays en proie à la violence djihadiste depuis 2015 et à la pandémie de Covid-19 qui a entraîné son report de huit mois.

Tant sur le plan sécuritaire que sanitaire, « nous sommes conscients de la situation et toutes les dispositions ont été prises » pour un bon déroulement du Fespaco, qui doit recevoir un millier de festivaliers, a déclaré à l’AFP son délégué général, Alex Moussa Sawadogo.

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Concernant le Covid-19 qui touche le Burkina Faso de manière plus limitée que d’autres pays africains, les gestes barrières, en particulier « le port du masque dans les salles » de projection, seront de rigueur, a-t-il précisé.

La cérémonie d’ouverture est prévue samedi en fin d’après-midi au Palais des sports du quartier Ouaga 2000, en présence du président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré. Les stars de la musique du Sénégal – pays invité d’honneur de l’édition 2021 – Baaba Maal et Didier Awadi s’y produiront, ainsi que les danseurs du chorégraphe burkinabé Serge Aimé Coulibaly.

Un « mini Fespaco » itinérant

Jusqu’à l’annonce du palmarès le 23 octobre, les projections des films se dérouleront dans les différentes salles de Ouagadougou, dont celle du cinéma Neerwaya de 1 066 places. Mais des projections auront également lieu dans « dix espaces en plein air », dont un aménagé place de la Nation, l’une des plus grandes de la ville, a précisé M. Sadawogo.

Le délégué général a annoncé qu’après le festival officiel, un « mini Fespaco » itinérant aura lieu dans le nord du Burkina Faso le plus touché par les attaques djihadistes qui, en six ans, ont fait environ 2 000 morts et 1,4 million de déplacés.

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Le festival s’ouvre en outre au lendemain de la commémoration des trente-quatre ans de l’assassinat de l’ancien président Thomas Sankara, « père de la révolution » burkinabée devenu une icône panafricaine, le 15 octobre 1987. Il avait 37 ans et n’a dirigé son pays que quatre ans.

Le procès de ses assassins présumés lors d’un coup d’Etat qui avait porté au pouvoir Blaise Compaoré, aujourd’hui en exil an Côte d’Ivoire depuis sa chute en 2014, s’est ouvert lundi en son absence et a été suspendu jusqu’au 25 octobre.

Dix-sept longs-métrages en compétition

Un documentaire intitulé Thomas Sankara, l’humain, du journaliste burkinabé Richard Tiéné, a été sélectionné. Dix-sept films seront en compétition pour le grand prix du festival qui avait été initialement prévu du 27 février au 6 mars et reporté en raison de la pandémie de Covid-19, dont une deuxième vague frappait alors le pays.

Sur 1 132 films inscrits, 17 ont été retenus dans la catégorie long-métrage de fiction, pour concourir pour la récompense suprême, l’Etalon d’or du Yennenga. Les réalisateurs de ces films en lice sont issus de quinze pays du continent, dont deux Egyptiens et un Burkinabé.

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Les autres sont originaires du Sénégal, d’Angola, du Cameroun, du Nigeria, de Tanzanie, de Somalie, de Côte d’Ivoire, du Tchad, du Rwanda, du Maroc, de Namibie, du Lesotho et de Tunisie. Enfin, un film haïtien a également été retenu.

Vingt-neuf courts-métrages – fiction et documentaires – dont cinq du Burkina Faso et quatre du Sénégal, ainsi que dix-sept séries télé ont également été retenus dans la sélection officielle.

Le Fespaco se tient tous les deux ans à Ouagadougou et chaque édition voit des films de tous formats entrer en compétition pour briguer l’Etalon d’or. Depuis 1969, date de sa création, il rassemble dans la capitale burkinabée des dizaines de milliers de spectateurs et acteurs du milieu du septième art.

Pour cette 27édition, les « cinémas d’Afrique et de la diaspora : nouveaux regards, nouveaux défis » seront à l’honneur. L’Etalon d’or est décerné par un jury international présidé par le réalisateur et producteur mauritanien Abderrahmane Sissako, lauréat du César du meilleur film pour Timbuktu en 2015.

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Le Monde avec AFP