Cacolac met du vin dans ses usines

Connue pour sa boisson lactée au cacao, la marque Cacolac fait désormais le pari du vin en canette.

L’annonce en a surpris plus d’un. La célèbre marque de boisson chocolatée Cacolac, installée depuis sa création, il y a presque soixante-dix ans en Gironde, devrait inaugurer, à l’été 2022, sa première usine entièrement dédiée à la mise en canette… de vin.

Du vin en canette ? Autant dire que pour une partie du Bordelais, ce projet relève de l’hérésie. Et tant pis si, depuis 2012, le groupe familial écoule déjà, en toute discrétion, environ cinq millions de canettes de vin par an, principalement aux Etats-Unis. « Sans faire plus de pub que ça, car on n’a pas la capacité de répondre favorablement à la demande alors qu’il y a un potentiel énorme sur ce marché », précise Christian Maviel, le PDG de l’entreprise.

Celui-ci a en tête le développement des hard seltzer, ces boissons gazeuses faiblement alcoolisées qui font fureur aux Etats-Unis, mais aussi des simples canettes de vin, avec un conditionnement qui attire des consommateurs plus jeunes que les amateurs des traditionnels grands vins bordelais.

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« La Chine, l’Angleterre, les pays scandinaves sont intéressés, mais, depuis un an, un an et demi, on a aussi un client qui vend en France. Sa gamme a été référencée chez Carrefour, poursuit le patron. D’où le projet d’usine. Soit on se satisfaisait de remplir 98 % ou 99 % du temps d’occupation de notre site actuel et on s’arrêtait là, soit on croyait en ces nouveaux produits et on créait une nouvelle ligne dédiée exclusivement à ce type de boissons. »

Diversification

Les premières canettes devraient en sortir avant la fin de l’année prochaine grâce à dix ou quinze personnes spécialement embauchées. L’objectif sera de produire dans un premier temps autour de vingt millions de canettes par an, puis, « en accélérant un petit peu, avec un peu plus d’humain et deux équipes, on pourra aller jusqu’à quarante millions », s’enthousiasme Christian Maviel.

« Il vaut mieux que les jeunes boivent du vin ou un produit issu du raisin que de la bière » Bernard Farges, viticulteur

Une sacrée diversification pour le groupe. Si la première boisson chocolatée de Cacolac voit le jour en 1954, la laiterie familiale, elle, était installée à la Bénauge, sur la rive droite de Bordeaux, dès la fin du XIXe siècle. Au fil des années, l’entreprise prend de l’ampleur, et, à partir de la fin des années 1970, la fameuse canette en aluminium fournit les grandes surfaces.

Début 2000, l’usine bordelaise est délocalisée sur un site plus grand, à Léognan, à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux. En 2015, l’entreprise appartenant à la holding industrielle Trixaim Investissements est rachetée par Bernard Maviel et son fils Christian, descendants des fondateurs.

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