Camille Goutal, créatrice de parfums : « Le point de vente physique est un passage obligé pour une toute jeune marque »

La créatrice de parfums Camille Goutal.

Si tout s’était passé normalement, Camille Goutal voyagerait en ce mois de septembre partout dans le monde pour célébrer les 40 ans de la maison de parfum fondée par sa mère, Annick Goutal, disparue en 1999. Elle présenterait à la presse étrangère les éditions collectors de plusieurs fragrances : l’emblématique Eau d’Hadrien, Petite chérie et deux rééditions qui ont leurs fidèles adeptes, l’Eau du ciel et Mon parfum chéri. La pandémie en a décidé autrement.

C’est de Paris et en visioconférence que la parfumeuse assure ses rendez-vous. Pour marquer l’événement, quelques conversations en live sont aussi organisées sur le compte Instagram de la marque. Une situation qui n’attriste qu’à moitié la créative quadragénaire.

Effet plissé originel

« C’est vrai que cet anniversaire méritait un grand lancement, que c’est assez frustrant de le célébrer par écrans interposés… D’un autre côté, avant que tout s’arrête à cause de la pandémie, j’étais usée de trop voyager, confie-t-elle. Même si j’ai adoré ça, si j’ai fait de très belles rencontres, tous ces déplacements m’ont épuisée. Après treize heures de vol, on enchaîne sur dix heures d’interviews, avant de changer de pays le lendemain. Je n’ai plus 20 ans, il faut savoir aussi se préserver… Et ce ralentissement du trafic aérien n’est pas plus mal pour la planète ! »

La boutique Goutal de la rue de Castiglione, à Paris.

Excepté l’annulation des voyages, rien n’a été revu à la baisse. Le lancement des éditions collectors se déroule comme les équipes de la maison Goutal l’avaient prévu depuis déjà longtemps. « Une fois le coup de stupeur passé, on s’est adapté à travailler à distance. Tout a juste pris un peu plus de temps… » Ce fut le cas, par exemple, pour les échanges autour du flacon anniversaire, une création qui revient aux sources de l’effet plissé originel, avec des lignes subtilement modernisées.

« On a rencontré de grosses difficultés de fabrication. C’est classique en parfumerie. Les premières productions sont complexes. » Camille Goutal

Mais une autre actualité a fortement occupé Camille Goutal cette dernière année. Au côté d’Isabelle Doyen, qui fut la complice profes­sionnelle de sa mère Annick, elle a inauguré, début 2021, une toute nouvelle marque indépendante, Voyages imaginaires.

Cinq jus intégralement composés de matières naturelles, aux noms romanesques (L’Echappée sauvage, La Couleur de la nuit, Le Grand Jeu…), contenus dans des bouteilles en verre rechargeables faites à la main, laissant entrevoir en transparence des clichés pris par Camille, qui fut photographe avant de rejoindre le laboratoire maternel. La dynamique de lancement a malheureusement été rapi­dement stoppée par une nouvelle vague de Covid-19 et un reconfinement, à l’automne.

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