Cannes 2021 : accidents de voiture et tête-à-queue, la compétition sous le signe du « crash »

Les voitures sont très présentes dans les films en compétition lors de l’édition 2021 du Festival de Cannes, ici dans « Titane », de Julia Ducournau.

Moteur, on tourne et on roule. Que de voitures et d’engins motorisés (ambulance, moto, camion…) auront envahi l’écran du Grand Théâtre Louis-Lumière à Cannes, lors de cette 74e édition du festival. On aura vu circuler des modèles en tous genres, pas forcément de marque française. Que d’accidents et de crashs se sont immiscés dans les scénarios des vingt-quatre films sélectionnés en compétition (dont huit français) !

Que se passe-t-il avec les hommes au volant ? Deux pères, Bertand Bonello dans Titane, de Julia Ducournau, et Benjamin Biolay dans France, de Bruno Dumont, font tête-à-queue et tonneaux, avec leur enfant à bord. Dans Les Intranquilles, du Belge Joachim Lafosse, une mère (Leïla Bekhti) tremble chaque fois que son mari, bipolaire (Damien Bonnard), prend la voiture pour accompagner leur fils à l’école. Un jeune homme ivre perd le contrôle de son véhicule et tue une piétonne dans la scène inaugurale de Tre piani, de Nanni Moretti. Enfin, dans Nitram, de l’Australien Justin Kurzel, un antihéros assis à la place du passager (Caleb Landry Jones) cause la mort de la conductrice en braquant violemment. En revanche, dans Tout s’est bien passé, de François Ozon, l’ambulancier mène à bon port un vieil homme (André Dussollier) qui part pour la Suisse afin de mourir dans la dignité.

Tous les bons films de cette édition 2021 n’ont pas inclus une vignette automobile dans le champ de la caméra

Tous les bons films de cette édition 2021 n’ont pas inclus une vignette automobile dans le champ de la caméra. Il faut bien quelques exceptions pour confirmer la règle. Dans Le Genou d’Ahed, de l’Israélien Nadav Lapid, œuvre splendide à la lisière de la performance, le héros (Avshalom Pollak) ne roule pas : il vole, à bord d’un hélicoptère, filmant le territoire de son pays en proie aux absurdités et aux drames du conflit israélo-palestinien. Signalons aussi Compartiment n6, du Finlandais Juho Kuosmanen, où deux passagers que tout sépare font connaissance dans un train.

Au rayon carrosserie, on retiendra une image somptueuse : celle du coupé rouge filant sur une voie express, avalant les kilomètres, comme pour faire le deuil, dans Drive My Car, du Japonais Ryusuke Hamaguchi, l’un des films les plus acclamés par la critique. Son habitacle résonne de dialogues de Tchekhov inlassablement répétés, mais aussi de confidences inattendues entre une femme au volant et un metteur en scène qui a bien voulu le lui céder. « Baby, you can drive my car », pourrait-on dire, en hommage au titre culte des Beatles. Après tout, les chansons n’ont-elles pas illuminé la sélection, à commencer par celles des Sparks dans la comédie musicale Annette, de Leos Carax ? Sur une highway de Los Angeles, Adam Driver file sur sa moto dans la nuit sublime filmée par Caroline Champetier.

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