Cannes 2021 : « Flag Day », le tandem sentimental de Sean Penn avec sa fille

Jennifer Vogel (Dylan Penn) dans « Flag Day », de et avec Sean Penn.

SÉLECTION OFFICIELLE – EN COMPÉTITION

Sean Penn a bien du courage de revenir à Cannes. Il y a cinq ans, son film sélectionné en compétition, The Last Face, l’histoire de deux médecins humanitaires et amoureux (Javier Bardem et Charlize Theron) faisant mine de se débattre dans une Afrique en guerre, avait fait l’unanimité contre lui. Ceci dit, après un tel échec, la star américaine ne pouvait que faire mieux. Et de fait, Flag Day ne devrait susciter aucun remous.

Lire aussi : « The Last Face », le cri obscène de Sean Penn

Le film est adapté des mémoires de la journaliste américaine Jennifer Vogel, Flim-Flam Man : The True Story of My Father’s Counterfeit Life (Simon & Schuster, 2005, non traduit), retraçant sa relation tumultueuse avec son père braqueur de banque et faux-monnayeur. John (Sean Penn) est né un 14 juin, le jour célébrant l’adoption de la bannière étoilée comme drapeau national en 1777. Cette date anniversaire représente tout un symbole pour cet homme qui rêve grand pour lui et sa famille.

Son charisme et son charme enchantent le quotidien de ses enfants, Jennifer (Dylan Penn) et Nick (Hopper Jack Penn, frère de Dylan), mais John ne fait qu’accumuler les dettes et finit un jour par quitter la maison, laissant sa femme Patty (Katheryn Winnick) avec deux petits à nourrir. Ce père égoïste et menteur parvient à rester sympathique, tandis que la mère, abattue par la séparation, se met à boire et délaisse les enfants.

Un album de famille

Flag Day commence assez joliment, plongeant dans l’Amérique fauchée des années 1970-1980 avec son grain d’image argentique et ses moments heureux comme exhumés d’un vieux caméscope. Les enfants grandissent entre une mère brisée et un père qui croit toujours – ou fait croire – que son « business », un mot qu’il répète à l’envi, finira par marcher. Papa travaille dans les affaires, mais de quoi s’agit-il au juste ? Cette question taraude Jennifer. John est parti mais il a « légué » quelque chose à sa fille : un mélange de joie de vivre et de déroute, ainsi qu’une volonté farouche d’inventer sa vie et de laisser une trace.

Dylan Penn, 30 ans, a un jeu sobre, précis, n’en fait jamais trop. La fille de Sean Penn et de Robin Wright, actrice et mannequin, réussit à entrer dans la peau d’une jeune fille un peu marginale, qui erre, se drogue, se met en danger tout en connaissant ses limites. Sean Penn prend plaisir à filmer la jeune comédienne dans ses différentes attitudes, gothique et brune dans ses années de galère, puis blonde et naturelle, en jeune journaliste prometteuse.

Il vous reste 32.03% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.