Canneséries dévoile un palmarès venu du froid

Les comédiens de « Mister 8 », Pekka Strang et Krista Kosonen, et le scénariste de la série finlandaise Jani Pösö, lors du festival Canneséries, à Cannes (Alpes-Maritimes), le 9 octobre 2021.

En récompensant largement les séries nordiques, le palmarès du Festival international de séries de Cannes (Alpes-Maritimes), qui s’est achevé mercredi 13 octobre, vient prouver que Borgen n’était pas qu’un coup d’éclat. Quelques semaines après Séries Mania, à Lille, qui a couronné une série islandaise, Blackport, les séries nordiques se taillent une fois de plus la part du lion.

Après cinq jours de projections et de délibérations, le jury de la compétition « séries longues », présidé par l’acteur Nikolaj Coster-Waldau (Game of Thrones), a sacré la finlandaise Mister 8 et son acteur principal, Pekka Strang, qui repartent avec le prix de la meilleure série et le prix d’interprétation – celui-ci étant toujours non genré, il n’y a qu’un lauréat dans cette catégorie. Filmée dans un noir et blanc quelque peu chichiteux, Mister 8 dresse le portrait d’une chef d’entreprise qui entretient, chaque jour de la semaine, une relation avec un homme différent.

Autre série scandinave à repartir avec plusieurs trophées, la norvégienne Countrymen met en scène un groupe d’islamistes radicaux installés dans une ferme, d’où ils projettent un attentat, avant de se faire rattraper par le quotidien et de devenir, malgré eux, fabricants de fromage halal. L’ensemble du casting s’est vu décerner un prix spécial d’interprétation, et la série a été distinguée par le jury des lycéens.

Ambition formelle intéressante

Le Grand Prix Dior, partenaire de l’événement, ainsi que le Prix du scénario reviennent à The Allegation, polar allemand dans lequel on retrouve Peter Kurth (Babylon Berlin) en avocat alcoolique et usé. Très sombre, la série évoque le viol d’une enfant et l’emballement de l’opinion publique qui s’ensuit.

Le Prix du public vient couronner l’une des meilleures surprises de la compétition. Avec Awake, la Serbie s’offre une entrée fracassante dans les pays qui comptent, juste après la Croatie, pays d’origine de la mémorielle et très réussie The Last Socialist Artefact, présentée (et distinguée) à Séries Mania. Produite avec une ambition formelle intéressante et servie par des acteurs aux expressions originales, Awake conte efficacement l’enquête d’une femme-flic pour élucider des suicides qui n’en sont pas.

Du côté des séries courtes, dont le jury était présidé par la Britannique Aisling Bea, le choix des lauréats est rendu d’autant plus difficile que la sélection opposait cette année des formats très différents, qui allaient de la vignette d’une minute à peine, filmée à l’iPhone (Larguée) à des formats de vingt minutes, qui les placent à quelques minutes près de la compétition « séries longues ».

Il vous reste 15.51% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.