Ce week-end, toutes les discothèques ne vont pas profiter de l’autorisation à rouvrir leurs portes

A la discothèque Le Duplex, à Paris, le 7 juillet 2021.

« Environ deux tiers des clubs de France devraient rouvrir ce week-end [des vendredi 9, samedi 10 et dimanche 11 juillet] », estime Jérôme Guilbert, président de la branche discothèques du Groupement national des indépendants (GNI). Une estimation qui parait un peu élevée, estime Renaud Barillet, patron de quatre clubs, dont deux resteront fermés dans un premier temps. Toutes les boîtes de nuit situées dans les stations balnéaires devraient être ouvertes dès ce soir, précise néanmoins M. Guilbert.

« Il y a une grande volonté d’accueillir de nouveau les clients, mais c’est un peu l’aventure, car il reste une large part d’inconnu », explique M. Barillet. En effet, le décret détaillant les modalités de la réouverture des discothèques n’a pas encore été publié par l’exécutif, vendredi au matin. Une question cruciale demeure : les clubbeurs seront-ils autorisés à boire leur verre debout ? « On est dans l’improvisation permanente, c’est insupportable », rapporte M. Barillet.

Le point : Après la fin des jauges dans les lieux recevant du public, le tableau des restrictions en vigueur en France

La grande crainte des gérants de clubs : le « stop and go », c’est-à-dire être contraints de devoir rapidement refermer leurs portes. « Cette épée de Damoclès est encore plus lourde avec l’arrivée du variant Delta », estime M. Barillet. Pour les établissements qui choisiront d’ouvrir cet été, l’entrée des clients se fera sur présentation du passe sanitaire, avec une jauge de 75 % en intérieur. Pour les autres, les aides seront maintenues à 100 %.

« Peu de visibilité avec l’essor du nouveau variant »

Dans l’Orléanais, les gérants de discothèques s’étaient réunis, lundi 5 juillet après-midi, pour décider, de concert, qu’ils ne rouvriraient pas avant septembre. Pour ces professionnels, le protocole sanitaire actuel et ses jauges évolutives sont incompatibles avec le monde de la nuit. « On n’est pas seulement là pour faire plaisir aux gens, il faut en vivre aussi ! », défend Franck Lemaire, patron du 7, night-club généraliste à Chaingy (Loiret). Tant pis pour les 2 000 euros investis dans des distributeurs de gels et ces parois de plexiglas entourant la cabine du DJ, le bar et l’entrée du vestiaire : « Rouvrir une boîte, c’est enclencher du recrutement, payer des charges, puis la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique [Sacem]. Il faut être sûr de son coup, or, on a très peu de visibilité, en particulier avec l’essor du nouveau variant. » M. Lemaire est vacciné et « espère qu’un maximum de gens le seront d’ici à septembre ».

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Dans le Loir-et-Cher voisin, les nuits se fêtaient jusqu’ici à Saint-Laurent-Nouan, au Rhino Club, comme au Tango mitoyen. Le Rhino, aux allures de VIP Room tropézien, vient d’être placé en liquidation judiciaire. « Nous n’étions pas éligibles aux aides qui nous auraient permis de survivre », déclare Sylvain Lobert, son ancien gérant. La faute à une courte fermeture administrative, juste avant l’épidémie. « Pour un système de désenfumage qui n’était pas aux normes. » Libéré de son rival, Le Tango ne rouvrira pas pour autant : « Nous préférons attendre un assouplissement des protocoles et une progression de la vaccination », annonce la direction, qui préfère se concentrer sur son restaurant, prisé des touristes, entre deux visites de châteaux.

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