Ces fonds d’investissement qui misent sur le bien-être en entreprise

Les entreprises « prennent conscience qu’il existe une convergence entre le soin apporté au capital humain et l’amélioration de la productivité et de la performance », constate Aurélie Baudhuin.

Les fonds investissant selon les critères dits « ESG » – environnementaux, ­sociaux et de gouvernance – ont longtemps mis les projecteurs sur la première lettre du sigle, et donner du sens à son épargne se limite encore souvent à choisir des fonds axés sur le climat, la transition énergétique, les ressources naturelles.

« Mais privilégier une croissance vertueuse, c’est, aussi, désormais mettre l’accent sur le S, qui était jusqu’à il y a peu le parent pauvre des fonds ESG », estime Béryl di Nota, gérante chez OFI Asset Management. « En accentuant ce filtre, on investit dans des sociétés s’engageant à améliorer le bien-être de leurs salariés », détaille-t-elle.

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« La prise en compte du bien-être des salariés participe à une identité et à une culture d’entreprise plus forte. Ces éléments donnent plus de cohésion et favorisent la capacité d’innovation », juge Delphine Riou, analyste ESG chez BNP Paribas AM.

Récents et encore peu connus, les fonds axés sur la qualité de vie au travail sont aujourd’hui moins d’une dizaine, plus ou moins spécialisés sur ce vaste sujet. « Grâce à un indicateur maison lancé en 2017, notre objectif est de mesurer l’empreinte sociale de chaque entreprise tout comme on détermine une empreinte carbone et énergétique », explique Aurélie Baudhuin, directrice de la recherche ISR chez Meeschaert AM, qui gère notamment le fonds MAM Human Value.

Absentéisme, congés, salaires…

Pour se constituer un panier de valeurs en ligne avec le soin apporté « au capital humain », difficile à appréhender, toutes les sociétés de gestion engagées sur ce terrain ont d’ailleurs mis sur pied leur propre méthodologie, croisant des critères quantitatifs et qualitatifs.

Plusieurs données reflétant l’ambiance au sein de la société sont analysées, par exemple le turnover des salariés, le taux d’absentéisme, le nombre d’accidents du travail. Les politiques sociales (durée des congés, jours accordés pour les naissances, etc.) et salariales (niveau, écart et évolution des salaires) sont décryptées, tout comme la politique de formation et la mise en place, ou non, d’un actionnariat salarié. L’évolution dans le temps de ces indicateurs est aussi examinée.

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« Mais le bien-être au travail ne s’aborde pas qu’avec des chiffres. Il n’est pas uniforme et varie selon les activités. C’est pour cela que nous mesurons le score de l’entreprise par rapport à son secteur », précise Mme Baudhuin.

L’analyse passe par ailleurs par la consultation « de données et de classements internationaux tels que Greatplacetowork ou Glassdoor. Ce dernier est le Tripadvisor de l’entreprise, avec des avis laissés par des collaborateurs de plus de 6 000 sociétés », explique Cyril Charlot, associé gérant fondateur de Sycomore AM, qui propose Happy@work. Ce fonds pionnier, créé en 2015, intègre 85 critères de sélection.

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