Ces fonds qui investissent sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes

Dans l’univers de la gestion collective, une poignée de fonds pudiquement appelés « égalité professionnelle » ou « genre » ont choisi de ne faire entrer dans leur portefeuille que des sociétés ayant engagé en interne une politique active en faveur des femmes.

En matière d’investissement boursier aussi, il est possible de jouer la carte de la parité entre les femmes et les hommes. Dans l’univers de la gestion collective, une poignée de fonds pudiquement appelés « égalité professionnelle » ou « genre » ont choisi de ne faire entrer dans leur portefeuille que des sociétés ayant engagé en interne une politique active en faveur des femmes. « Récente, cette catégorie est encore clivante. Cela passe ou cela casse auprès des investisseurs. C’est encore un acte militant chez certains. Ces fonds ne sont pas des blockbusters de la gestion collective, mais ils trouvent leur place dans le marché », commente Nicolas Bénéton, spécialiste thématique chez Robeco.

Au départ, l’idée était de « créer un fonds plus large et pas seulement sur les femmes, mais plutôt sur la diversité dans l’entreprise sous toutes ses formes, soit du genre à l’âge, en passant par les origines socioculturelles et ethniques. Reste qu’à ce jour ces données ne sont pas faciles à récupérer, voire n’existent pas », reconnaît Tiphaine Dureau, spécialiste des produits et des services chez Nordea AM.

« Contrairement aux Etats-Unis, où l’on arrive à obtenir des statistiques ethniques et raciales, ces données sont interdites en France », ajoute Mathilde Dufour, responsable de la recherche en développement durable et actifs cotés chez Mirova.

Lire aussi : Comment acheter ou vendre une action ?

Afin de balayer large dans un univers économique où les hommes sont majoritaires, les sociétés de gestion ont toutes opté pour des fonds « monde », sans contrainte de pays ni de secteur d’activité. En plus des critères financiers traditionnels, la sélection se base donc sur des critères extrafinanciers. A y regarder de plus près, leurs portefeuilles ont quelques points communs.

Au-delà de la disparité salariale

D’abord, ces véhicules sont tous labellisés ISR (investissement socialement responsable). Ensuite, « ils ont tous une exposition forte aux Etats-Unis et sont également très axés sur les secteurs dits de croissance comme la banque, la tech, la mode et le luxe », souligne Jean-François Bay, directeur général de Quantalys. « Il existe tout de même des secteurs comme l’industrie, la technologie de l’information et la santé où ils sont sous-représentés », signale Antonio Celeste, responsable des produits ESG (qui tiennent compte de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance) chez Lyxor AM. Finalement, « cela donne à cette catégorie un comportement assez consensuel proche de l’indice MSCI World », précise Jean-François Bay.

Il vous reste 39.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.