Ces matériaux qui inspirent toujours les designers

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Publié aujourd’hui à 06h30

Verre soufflé utilisé pour former un seau à champagne par La Romaine Éditions.

Lin, liège, terre cuite, laine, pierre ou verre… La liste a des airs d’inventaire à la Prévert. Ces matières ont beau n’avoir rien de nouveau, elles connaissent aujourd’hui un regain. À consulter les nouveautés des marques de décoration, à étudier les projets des créateurs les plus pointus, voire à se plonger dans les revues spécialisées ou les projets des étudiants, difficile de ne pas constater qu’elles obsèdent le monde du design.

Ainsi du succès d’événements spécialisés, comme AD Matières d’art (organisé par la revue spécialisée en décoration AD) ou le salon Fair(e), consacré aux savoir-faire méconnus ou oubliés. Plus que jamais, on entend parler d’ateliers qui taillent la pierre, les marbres dans toutes les couleurs. Les techniques ancestrales servent à concevoir du mobilier très contemporain. Le bois se brûle suivant un procédé japonais ancien. Le cuir, lisse, est tanné de manière végétale.

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L’éditeur et fabricant de tissus d’ameublement Pierre Frey raconte que, aujourd’hui, ses « clients, décorateurs, architectes touchent les matières encore davantage, certains approchent même le tissu près de leur joue. La douceur est devenue primordiale. En ce sens, il y a une forte demande des fabricants de mobilier pour la laine bouclette, un tissage à la mode dans les années 1970. À la main, ce relief du tissu donne une profondeur qui évoque un peu une toison de mouton. »

Progrès techniques

« Apporter une nouvelle perception des matériaux, provoquer de l’émotion au travers de la matière », voilà le souhait de David Giroire, attaché de presse et cofondateur de Théorème Éditions, qui invite des créateurs à développer des projets singuliers. Pour la deuxième collection, il dit vouloir explorer le chanvre et s’intéresse à la technique du papier mâché développée par Paper Factor, l’atelier italien qui a modelé le fauteuil Sillage – un imposant siège aux allures de sculpture tribale, présenté en septembre au Salon du meuble par la maison Hermès. Une matière pauvre, ici ennoblie.

Cette obsession semble très nouvelle. Comme si l’histoire récente du design, et surtout son âge d’or, dans la seconde partie du XXe siècle, n’avait pas connu cela, l’apparence d’un objet l’ayant emporté sur la matière dont il était constitué. Pourtant, « la matière a toujours tenu une place importante dans l’histoire du design », affirme Dominique Forest, conservatrice en chef du département moderne et contemporain du Musée des arts décoratifs de Paris.

« Plastiques, mousses, jersey ont entraîné toute une typologie de nouvelles formes. » Dominique Forest, du Musée des arts décoratifs de Paris

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