Chez Ascoval, à Saint-Saulve : « Vous entendez le bruit ? Ça tourne dans l’usine »

Yeux écarquillés, les enfants sont là. Comme des fourmis face à l’immensité de la forge, du four à arc électrique, du four d’affinage, ou du refroidissoir qui s’étendent sur les 245 000 m2 de l’usine. Ce samedi, c’est jour de fête chez Ascoval à Saint-Saulve. Les salariés reçoivent leurs familles à l’occasion de portes ouvertes qui signent le nouveau départ de l’aciérie. « Vous entendez le bruit ? Ça tourne dans l’usine », lance, émue, la déléguée syndicale Nathalie Delabre à la ministre Agnès Pannier-Runacher, venue saluer « les Asco ». Après cinq années chaotiques, l’heure est à la reconquête industrielle.

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Le tribunal de commerce de Paris a validé le 2 août l’offre de reprise du groupe sidérurgique allemand Saarstahl portant sur les sites français en difficulté d’Ascoval dans le Nord et d’Hayange, dans l’Est. « On a affaire à des gens costauds, d’expérience, et qui sont dans l’acier depuis Louis XIV, salue Nacim Bardi, représentant CGT. Ce ne sont pas des financiers mais des vrais industriels. A nous de faire nos preuves et de montrer qu’on est attractifs. »

Une technologie nouvelle

Fondée en 1685 sur concession du roi Louis XIV, le groupe sidérurgiste allemand Saarstahl s’est engagé à investir plus de 40 millions d’euros sur les deux sites avec l’objectif de produire un acier vert européen de haute qualité. « Soyez les bienvenus au sein de la famille Saarstahl, lance Klaus Richter, membre du directoire du groupe allemand, à quelques dizaines de salariés nordistes réunis ce samedi matin sous un grand soleil. Nous croyons beaucoup en ce projet industriel et humain. Et la qualité, c’est la clé. »

Les « Asco » sont sortis rincés par cinq années d’un interminable feuilleton industriel démarré en 2017, quand l’aciérie a quitté le giron de Vallourec

Le site nordiste vient apporter à Saarstahl une technologie nouvelle : la production d’acier par la filière électrique, particulièrement propre en termes d’émissions de CO2, et basée sur l’économie circulaire. Les sidérurgistes utilisent en effet de la ferraille récupérée auprès d’industriels pour produire leur acier. De son côté, le groupe allemand aux 13 000 salariés dans le monde vient offrir à Ascoval de nouveaux débouchés, grâce à ses laminoirs en Allemagne, permettant de servir des segments tels que l’automobile et la construction à hauteur de 20 000 tonnes par mois. Une nouveauté pour les ouvriers d’Ascoval.

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