Cinéma : « Spectre : Sanity, Madness & The Family », la quête identitaire du DJ Para One

« Spectre : Sanity, Madness & The Family », de Para One mêle portraits de famille, chromos chamaniques et vidéos spectrales.

L’AVIS DU « MONDE » – POURQUOI PAS

Pour son premier long-métrage, Jean-Baptiste de Laubier, alias Para One, n’a pas chômé. A 42 ans, ce musicien électro, compositeur fétiche de Céline Sciamma, s’est mis en tête d’explorer ses influences musicales, de lever les zones d’ombre de son enfance, de découvrir le secret de son père, et d’enregistrer un album (Spectre, Machines of Loving Grace, sorti le 21 mai). Le programme est dense.

Si la quête identitaire intrigue – le réalisateur a grandi dans une secte, dont il dévoile quelques portraits de famille étranges aux visages floutés –, le film pâtit d’une volonté appuyée de faire revivre la grande aventure psychédélique. Collé aux propos sibyllins du gourou des années 1990 et coulé dans la mélodie entêtante qui accompagnait ses thérapies familiales, le film se dissout en chromos chamaniques et vidéos spectrales, passés aux ultraviolets.

Voyage au bout du monde

Placé sous les auspices de Chris Marker (il fut le maître de fin d’études, en 2005, de Jean-Baptiste de Laubier, à l’Ecole nationale supérieure des métiers de l’image et du son, la Fémis) et du poète animiste américain Richard Brautigan, le film se meut en voyage au bout du monde, mais peine à trouver sa voie.

Aux chapitres des inévitables rencontres magiques et moments de grâce de cette odyssée thérapeutique, les pittoresques kodos japonais, orchestres indonésiens et chœurs bulgares se posent là. Les amateurs de musique électronique sauront néanmoins y trouver le making of richement documenté du dernier album de Para One.

Film français de Para One. Avec Elina Löwensohn, Kimiyo Mori, Emma Nicolas, Fabienne Galula (1 h 32).