Cinémas, restaurants, centres commerciaux… Le passe sanitaire à l’heure des comptes

Des policiers patrouillent devant un restaurant parisien pour vérifier la conformité de l’application du passe sanitaire, le 18 août 2021.

« Je leur donne rendez-vous lundi prochain, 30 août : le monde de la culture, des restaurateurs, les hôtels, les bars, le monde du tourisme, les voyagistes », a déclaré le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) à l’hippodrome ParisLongchamp, mercredi 25 août. « Le quoi qu’il en coûte, c’est fini. Nous sommes passés au sur-mesure », a-t-il toutefois prévenu. Cette réunion à Bercy doit décider du maintien de certaines aides aux entreprises liées à la crise sanitaire au-delà du 31 août. L’occasion, pour les secteurs concernés, d’évoquer l’impact de l’instauration du passe sanitaire.

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Sur le terrain, il est entré dans les mœurs. « Je pensais que l’obligation pour les clients de présenter leur passe sanitaire allait poser problème, mais dans la pratique, pour l’instant, cela se déroule plutôt bien », témoigne Placida Will, patronne du restaurant La Chaumière, à Font-Romeu-Odeillo-Via, dans les Pyrénées-Orientales. Il est vrai que cet établissement a une capacité limitée à 60 couverts et travaille sur réservation. « Quand le client arrive, nous vérifions sa réservation au comptoir d’accueil et nous contrôlons à ce moment-là son passe sanitaire », explique-t-elle.

Et pourtant, le 9 août, lors de la mise en application dudit passe, qui atteste d’une vaccination complète ou d’un test négatif, la mesure a fait l’effet d’une douche froide dans les bars et restaurants. « Le 9 août, l’incidence sur l’activité a été brutale, avec une chute de près de 50 %. Depuis, il y a eu une reprise », affirme Didier Chenet, président du Groupement national des indépendants de l’hôtellerie et de la restauration (GNI-HCR). L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) estime que 80 % de ses membres ont vu leur chiffre d’affaires baisser en moyenne de 20 % la semaine qui a suivi la date fatidique, avant de se redresser.

Décision couperet

Le choc a été plus violent encore pour les cinémas. Leur fréquentation a plongé de 46 % – par rapport à la moyenne des années précédentes, calculée sur trois ans – la semaine suivant l’instauration du passe sanitaire, le 21 juillet, dans les lieux culturels. Elle était encore en recul de 37 % la dernière semaine de juillet, puis de 34 %, avant de redescendre à 40 %. Les salles obscures ont essuyé les plâtres d’une décision couperet et de la confusion liée aux débats parlementaires.

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