Cinq idées pour une cuisine bien ordonnée

Chronique. Le foutoir possède une dimension esthétique qui ne saute pas toujours aux yeux. Une photo de mon tiroir à ustensiles m’en a un jour donné la preuve. Ce vaste fouillis métallique et multicolore constitué d’éminceurs, éplucheurs, dénoyauteurs, couteaux, pinces, pinceaux et spatules tête-bêche, sans ordre apparent, tenait à la fois du champ de bataille et de l’atelier d’artiste. Un véritable tableau. Son observation attentive agit ce jour-là comme un appel à la contemplation satisfaite et à la créativité culinaire, bien plus qu’à une injonction immédiate au rangement… D’autant que ce tiroir pouvait être refermé et conserver secret mon désordre intérieur.

Il n’en est pas ainsi, hélas, pour la globalité de cet espace essentiel de la vie domestique que constitue la cuisine. Plus que jamais ouverte, cette pièce à vivre donne à voir ce qui s’y trame mais aussi ce qui y traîne – propre, sale ou mal rangé. Passée l’euphorie des retrouvailles aux fourneaux, son utilisation intensive pendant les périodes de confinement a suscité de nouvelles attentes. Parmi elles, l’ajout de rangements supplémentaires (57 %), la nécessité de solutions pour le tri des déchets (52 %) et l’amélioration de la connectivité (38 %), selon une étude OpinionWay réalisée en septembre 2020 pour SoCoo’c, une enseigne de cuisines équipées de fabrication française. « Il y a une vraie demande de solutions astucieuses pour s’adapter aux nouveaux usages et optimiser les espaces, observe Elizabeth Leriche, directrice d’un bureau de style conseillant notamment Darty ou La Redoute. Le recours au vrac, le tri des déchets et l’envie de végétaliser, par exemple, impliquent de faire évoluer les modes d’aménagement. » Une occasion de passer en revue les options pour cuisiner dans la sérénité et éliminer (ou cacher) le boxon.

1. Gagner de la place

C’est la préoccupation majeure. Plans de travail plus hauts ou plus profonds, placards sur toute la hauteur du sol au plafond ou sur mesure pour se loger sous des combles, voire un escalier, niches ou casiers dans les coins perdus : les cuisinistes (ou bricoleurs doués) utilisent le moindre espace. Les meubles-tiroirs (dits « à l’anglaise ») dévoilent un deuxième tiroir enchâssé, les plinthes coulissent pour accueillir sets de table et plateaux, les façades intérieures des portes et latérales des meubles servent de supports, les étagères se dédoublent, se suspendent, pivotent dans les angles ou tutoient les plafonds pour stocker les objets peu usités…

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