Cinq idées reçues sur le whisky

1. On ne met pas d’eau dans son whisky

Une idée reçue très fâcheuse. Non seulement ce qui est considéré comme une faute de goût en France ne l’est pas du tout en Ecosse, mais c’est en plus se priver de jolies découvertes. Allonger légèrement son whisky est une excellente manière de déguster ce spiritueux. Les arômes se libèrent, on en apprécie mieux les facettes, et la texture, plus fluide et moins brûlante, s’étale facilement sur la langue. C’est d’ailleurs pour cela que les professionnels de la dégustation, après avoir goûté le whisky une première fois, ajoutent fréquemment un trait d’eau afin de le percevoir sous tous les angles.

En revanche, pour un excellent whisky, mieux vaut choisir l’eau avec précaution : la plus pure et neutre possible (la Speyside Glenlivet reste une référence, mais la Volvic est une honorable remplaçante). Quant à la quantité, pas de complexe à avoir. Au Japon par exemple, il est courant de commander un mizuwari, soit une boisson composée d’une dose de whisky pour deux doses d’eau avec des glaçons.

2. Plus c’est tourbé, meilleur c’est

La tourbe est l’image d’Epinal du whisky. Surtout depuis les années 1980, quand les single malts écossais de Lagavulin et Laphroaig, réputés très tourbés, ont investi le marché français. La tourbe est utilisée pour transformer l’orge en malt, à la place du charbon. Comme elle est un combustible historique en Ecosse, les whiskys de là-bas étaient autrefois richement tourbés. Ça ne veut pas dire qu’ils étaient meilleurs, surtout pour notre palais d’humain du XXIe siècle. Aucun besoin, donc, de se lancer dans la course à l’échalote dans les tourbières. Elles ne sont pas infinies, autant ralentir les pelletées. Et puis les arômes de tourbe s’expriment très différemment selon les dosages et les distilleries. Un tourbé très léger aura des accents iodés, légèrement marins. D’autres ont des notes pharmaceutiques, de désinfectant. Les plus classiques ont une odeur de fumée, voire de goudron pour les plus costauds. Enfin, le whisky a cent autres arômes à offrir, au hasard le toast, le foin, la violette ou la rose, la vanille, le miel, le chocolat, le pain d’épices, le caramel ou la noisette. La palette olfactive est aussi large que celle du vin.

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3. Les vrais whiskys sont écossais. Ou à la rigueur japonais

Les plus médiatiques, sans le moindre doute. Mais les distilleries de whisky poussent aux quatre coins de la planète. En dehors du scotch (whisky écossais, donc), on peut compter sur le bourbon (américain, à base de maïs), le rye (américain, à base de seigle), le whiskey (irlandais). Le whisky japonais, avec notamment Suntory et Nikka, a conquis les palais de tout poil en Occident, mais on peut aussi goûter un whisky du Canada (l’un des plus gros pays producteurs), d’Inde, d’Islande ou même de Tasmanie. A moins, bien sûr, de préférer rester local : il existe 90 distilleries de whisky en France, et un peu plus d’une centaine de marques. De la distillerie des Menhirs (whiskys Eddu) en Bretagne, à celle de Rozelieures en Lorraine, du Domaine des Hautes-Glaces dans les Alpes à la distillerie de Paris, il y a de quoi se faire plaisir dans chaque région.

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