Cinq mois après sa généralisation, le Pass culture reste un essai à transformer

Kevin Lecathelinais, gérant de la librairie BD Flash à Rambouillet (Yvelines), ne cache pas son enthousiasme : « Grâce au Pass culture, mes ventes de mangas ont augmenté de 30 % depuis juin et le phénomène ne faiblit pas. One Piece, Demon Slayer, Naruto, L’Attaque des Titans, les jeunes prennent souvent des séries complètes de blockbusters, ils se font plaisir ! »

Cinq mois après la généralisation du Pass culture, annoncée le 20 mai par le président de la République, les librairies – et en particulier les rayons de bandes dessinées japonaises – sont, pour l’heure, les grandes gagnantes de ce nouveau dispositif, qui offre à tous les jeunes âgés de 18 ans une enveloppe de 300 euros, à dépenser en activités et biens culturels de leur choix.

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A la date du 18 octobre, ils sont 782 000 à avoir ouvert un compte sur cette application géolocalisée. « C’est un très bon chiffre, il correspond à un taux de pénétration de 80 % », se félicite-t-on à l’Elysée, où le Pass culture, promesse électorale du candidat Macron, est considéré comme « le chantier culturel prioritaire du quinquennat ».

Que consomment les 18 ans ? Parmi les réservations, les écarts demeurent considérables : 78 % concernent les livres (dont 60 % des mangas), 6,9 % la musique (abonnement Deezer, concerts, CD, etc.), 5 % le cinéma, 5 % l’audiovisuel (abonnement Canal+, OCS, etc.), 2 % les pratiques artistiques (cours de dessin, de danse ou achat d’instrument), 1 % le spectacle vivant. « Le prix d’un manga n’a rien à voir avec celui d’une guitare. Le livre représente 50 % du montant des dépenses et les pratiques artistiques 16 % », précise Sébastien Cavalier, nouveau président de la société par actions simplifiée (SAS) Pass culture, auparavant directeur de l’action culturelle de la ville de Marseille.

Ruée sur les mangas

Face à la ruée sur les bandes dessinées japonaises, on souligne dans l’entourage du chef de l’Etat que « le manga n’est pas un phénomène lié au Pass, mais un phénomène de société ». Le recours à Amazon n’étant pas autorisé, les jeunes qui réservent un livre doivent le retirer en magasin. « Sur place, les libraires peuvent aussi les amener vers d’autres horizons. D’ailleurs, 49 % des jeunes ayant choisi un manga ont aussi acheté un autre type de livre », insiste Noël Corbin, délégué général à la transmission, aux territoires et à la démocratie culturelle au ministère de la culture. Derrière One Piece, du mangaka Eiichiro Oda, largement en tête des ventes, les 18 ans plébiscitent Burn After Writing, de la Britannique Sharon Jones, la série Harry Potter, de J. K. Rowling, ou encore Sapiens, une brève histoire de l’humanité, de Yuval Noah Harari. Côté cinéma, Fast & Furious 9, Dune et BAC Nord forment le top 3 des réservations.

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