Climat : « La décision d’avancer la date de fin de vente des véhicules utilisant des énergies fossiles est nécessaire »

Tribune. La France se trouve face à une décision historique pour l’avenir du climat. Alors que la Commission européenne s’apprête à proposer un objectif de fin de vente pour les voitures utilisant des énergies fossiles à l’horizon 2035, la position française menace de bloquer
l’ambition européenne.

Ainsi, au sein du gouvernement français, certains ministres français renâclent à passer à la vitesse supérieure, et souhaitent maintenir l’objectif 2040 fixé dans la loi d’orientation des mobilités, au risque de faire chavirer l’ambition européenne, alors que plusieurs autres Etats, tels que les Pays-Bas, le Danemark, ou la Suède, se sont engagés à mettre en œuvre cette mesure dix ans plus tôt, en 2030.

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Cette position porte également le risque de reléguer définitivement la filière automobile française en queue de peloton de l’industrie européenne, alors que les aides du plan de relance devaient permettre d’orienter l’industrie automobile dans la transition. Les transports représentent près d’un quart des émissions de CO2 en Europe et celles-ci continuent d’augmenter.

Un impératif de santé publique

Il s’agit également d’un impératif de santé publique, alors que 22 grandes villes françaises sont en dépassement des normes de l’Organisation mondiale de la santé sur la pollution de l’air. Dépolluer les transports, et notamment le transport routier, constitue donc un des plus grands défis de notre siècle. La poursuite de la vente des véhicules utilisant des énergies fossiles jusqu’en 2040 compromet sérieusement la possibilité d’atteindre les objectifs climatiques fixés par la France et l’Union européenne, comme le confirment des études réalisées par les ONG au niveau européen, ainsi que des modélisations effectuées en France pour le compte du Réseau Action Climat (cabinet d’études Carbone 4 pour le Réseau Action Climat sur la base des budgets carbone fixés par la stratégie nationale bas carbone et d’un objectif climatique rehaussé à moins 55 % en 2030).

Une date de fin de vente en 2030 serait la meilleure option pour sécuriser la politique climatique française et européenne, même si elle ne suffira pas seule à remettre notre pays sur les rails de l’accord de Paris.

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La France doit adopter et porter la position la plus ambitieuse possible sur le sujet, en complément d’autres leviers tels que la sobriété, qui implique une réduction forte de l’usage de la voiture, et le report modal ; leviers sur lesquels notre pays a également pris beaucoup de retard. Les technologies peu efficaces telles que les carburants synthétiques, ou ayant un impact négatif sur le climat et sur l’environnement, comme les agrocarburants, doivent être écartées.

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