Climat : « Les compagnies d’assurance tirent la sonnette d’alarme et commencent à refuser certains risques »

Pertes & Profits. Les eaux n’ont pas encore reflué, l’électricité n’est toujours pas rétablie à la Nouvelle-Orléans (Louisiane) et New York a déclaré l’état d’urgence, mercredi 1er août, que les experts évaluent déjà le coût de l’ouragan Ida. Il a fait 7 morts à ce jour, mais ses dégâts le classent parmi les plus coûteux, même si l’on est loin du bilan officiel de Katrina en 2005 : 1 800 morts et 163 milliards de dollars (137 milliards d’euros). Pour l’heure, la première estimation de Karen Clark & Co, spécialiste en modélisation de catastrophes, évalue les dommages entre 50 et 60 milliards de dollars, dont 18 milliards seraient couverts par une assurance.

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Ida et, avant lui, Harvey (135 milliards), Maria (100 milliards) et Irma (55 milliards) en 2017, Sandy (75 milliards), qui avait submergé le sud de Manhattan en 2012, et Andrew en 1992 (53 milliards) : les ouragans, comme les incendies, se succèdent aux Etats-Unis, qui ne sont pas seuls à être frappés. En témoignent les récentes inondations en Europe. Depuis 1970, le nombre de catastrophes d’origine météorologique a été multiplié par cinq (soit dix par jour), faisant moins de victimes mais plus de dégâts, révèle l’Atlas publié, mercredi, par l’Organisation météorologique mondiale.

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Sonnette d’alarme

« En raison du changement climatique, ces phénomènes deviendront plus fréquents et plus violents dans de nombreuses parties du monde », affirme Petteri Taalas, secrétaire général de cette agence de l’ONU. Plus de 90 % des morts se comptent dans les pays en développement, tandis que 60 % des dommages matériels se situent dans les nations riches. Celles qui ont le plus de moyens pour y préparer leur population, protéger leurs infrastructures et se couvrir auprès des assureurs. Jusqu’à un certain point.

Confrontées à d’autres risques systémiques comme les cyberattaques ou les pandémies, les compagnies tirent la sonnette d’alarme et commencent à refuser certains risques, prévenant que les dommages liés aux sécheresses, aux incendies ou à la montée des eaux seront de plus en plus difficiles à couvrir. Un récent stress-test, réalisé par l’Autorité de contrôle prudentiel du secteur financier français, concluait que l’exposition du secteur aux risques du réchauffement de la planète est « relativement faible », tout en prévoyant une hausse des primes de 130 % à 200 % d’ici 2050. En 2015, le PDG d’Axa expliquait qu’un « monde à + 2 °C pourrait encore être assurable », mais qu’« un monde à + 4 °C ne le serait certainement plus ». Nous sommes à + 1,5° C, et la maison s’enflamme. Henri de Castries n’était-il pas trop optimiste ?