CNews remplace Eric Zemmour par plusieurs éditorialistes ultra-conservateurs

Pascal Praud a fini la journée, lundi 13 septembre sur CNews, comme il l’a commencée : en consacrant son « Heure des Pros » à la décision prise conjointement par la chaîne et Eric Zemmour de mettre un terme à la participation de ce dernier à l’émission « Face à l’info » (19 heures). Depuis que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a demandé, mercredi 8 septembre, aux médias audiovisuels de comptabiliser le temps de parole du chroniqueur d’extrême droite au motif qu’il est devenu à son sens, « un acteur du débat politique national », les médias du groupe Vivendi n’ont de cesse de faire fructifier la polémique.

Après avoir annoncé, en fin de semaine dernière, qu’Eric Zemmour serait encore à l’antenne dans les jours à venir, la chaîne d’information a décidé, à regret, de lui substituer un casting tournant d’éditorialistes. Autour de la présentatrice Christine Kelly lundi soir, les journalistes Eugénie Bastié et Charlotte d’Ornellas ainsi que le sociologue québécois Mathieu Bock-Côté ont pris sa relève pour débattre de l’actualité.

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Deux des « quatre mousquetaires », ainsi qu’ils se sont eux-mêmes baptisés, de ce rendez-vous, Marc Menant et Eric de Riedmatten, ne sont pas encore fixés sur leur avenir au sein de ce nouveau dispositif. Seul Dimitri Pavlenko, présentateur de la matinale d’Europe 1 et dernière pièce du quatuor (avec M. Zemmour), était présent sur le plateau. D’autres intervenants sont encore à venir, indique-t-on au sein de la chaîne où l’on explique avancer « pas à pas ».

Pas question d’effectuer le moindre virage éditorial

En choisissant ces trois figures ultra-conservatrices, CNews donne le ton : pas question d’effectuer le moindre virage éditorial. Surtout, elle choisit des visages déjà présents à l’antenne de CNews, mais aussi d’Europe 1 où Vincent Bolloré, premier actionnaire de Vivendi (propriétaire de CNews) fait la pluie et le beau temps depuis qu’il est devenu le premier actionnaire de la radio du groupe Lagardère.

Mathieu Bock-Coté, valeur montante de la droite conservatrice, dont le dernier ouvrage La révolution racialiste fustige l’immigration massive, le multiculturalisme et le mouvement « woke », officie tous les samedis soirs entre 20 heures et 21 heures dans « Il faut en parler », une émission animée par Thomas Lequertier, mais aussi sur Europe 1, dans « Le Grand Rendez-vous », l’émission politique dominicale.

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Eugénie Bastié, journaliste au sein de la rubrique Débats du Figaro, officie déjà deux fois par semaine sur CNews, dans la matinale du mercredi et le samedi à 19 heures dans « Place aux idées ». Charlotte d’Ornellas, de l’hebdomadaire droitier Valeurs Actuelles fait des apparitions régulières chez Pascal Praud, Laurence Ferrari et Patrick Boisfer, ainsi que sur Europe 1. A la radio, la mise à l’écart d’Eric Zemmour suscite, sans surprise, les mêmes commentaires que sur CNews. Dans un édito diffusé lundi à la mi-journée, le chef du service politique d’Europe 1 Louis de Raguenel (ex-Valeurs Actuelles) a ainsi regretté l’injonction du CSA, présentée par le présentateur Romain Desarbres (également matinalier sur CNews) comme une façon « d’empêcher un journaliste de s’exprimer ».

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