Collecte de données, inspections… Parrot lance son premier drone autonome en 4G

Le fabricant français a renoncé au marché grand public pour se concentrer sur les produits pour les professionnels.

Cela faisait des années que Parrot n’avait pas présenté un nouveau drone. « Parrot a eu plusieurs vies, dans les télécoms, les produits grand public et maintenant, la robotique », résume son patron et fondateur, Henri Seydoux. L’ex-star du drone grand public a frôlé la catastrophe à la fin des années 2010. Une page a été tournée. « Nous avons passé ces dernières années à transformer la société, maintenant, nous ne faisons que des ‘trucs de pro’ » ».

Parrot vise désormais à restaurer ses marges et à profiter de l’émergence d’un nouveau marché. « Les entreprises sont en train de se positionner dans le numérique. Le drone est le robot qui permet de faire acquisition de données en extérieur et il est promis à un grand avenir avec énormément de cas d’usages », explique Henri Seydoux, qui parie plus que jamais sur les quadricoptères et leur facilité d’utilisation. « Il n’y a besoin de rien du tout pour les faire décoller ou atterrir ».

Place donc à l’ANAFI AI, un drone autonome, destiné à faire de l’acquisition de données pour la sécurité, au sens large du terme. Les applications sont aussi bien à destination des militaires, des pompiers, de la police que des gestionnaires d’infrastructures pour contrôler le bon état des routes, voies de chemin de fer, réseaux télécoms, aériens, ponts et autres éoliennes.

Autonomie de 32 minutes

L’ANAFI AI est connecté en 4G, ainsi, il n’y a plus de problème de distance. L’intelligence artificielle lui apporte de l’autonomie. Si un obstacle se dresse alors qu’il doit aller d’un point A à un à point B, il le contourne. La 4G est adaptée aux inspections hors des villes, alors que le réseau est bien déployé. Le groupe travaille d’ailleurs déjà à l’étape suivante, la 5G, en partenariat avec Qualcomm. « Nous avons aussi des partenaires pour la cybersécurité, il est fondamental que les données de nos clients soient parfaitement protégées », ajoute Henri Seydoux. Une puce développée par Wisky encrypte les communications, signe les photos pour les authentifier. « Le logiciel est auditable, open source, il n’y a rien de caché. Nous ne prenons pas les données de nos clients pour les envoyer à des serveurs », rassure Henri Seydoux.

Avec ses 900 grammes et son autonomie de vol de 32 minutes, l’ANAFI AI est conçu pour répondre à des besoins variés. Il peut, par exemple, effectuer un vol en spirale autour d’un pylône télécoms, pour une analyse photographique du moindre boulon. Cela permet aussi de vérifier le positionnement des antennes sans avoir à dépêcher un opérateur. C’est plus rapide et plus sûr. Il est équipé d’une caméra 40 mégas pixels et du mode HDR 10 en vidéo. La qualité des images est primordiale pour la bonne réalisation des missions confiées à ces nouveaux inspecteurs des cieux.