« Comme une punk chez les bourgeois » : Annelise Michelson, la joaillerie irrévérencieuse

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Publié aujourd’hui à 15h00

La joaillière Annelise Michelson, dans son atelier du 8e arrondissement de Paris.

Sa nouvelle adresse, située à deux pas de la Madeleine à Paris et ouverte à l’automne, Annelise Michelson l’a souhaitée multiple. L’espace de création attenant à la boutique – un genre de boudoir à la moquette corail – est fait pour recevoir artistes et créateurs, organiser des lectures ou des expositions. Paradoxalement, ce concept store pensé comme un carrefour d’échanges et de rencontres tient aussi de l’écrin confidentiel, les clientes étant reçues en tête à tête sur rendez-vous.

« Elles n’ont pas forcément envie d’essayer des bijoux devant tout le monde, c’est un moment intime, analyse Annelise Michelson. Il est important de prendre le temps d’être conseillée, pour bien saisir le sens de chaque pièce. » Et de sens, sa dernière collection, baptisée Unity, n’en est pas dépourvue.

La puissance de la nature

Confinée à Paris en mars 2020, Annelise Michelson a connu une épiphanie créative à la lecture de La Vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben (Les Arènes, 2017). « Ce forestier explique que les arbres communiquent entre eux à travers leurs racines. Ils sont solidaires, malgré l’éloignement. J’ai tout de suite fait un parallèle avec ce que l’on vivait, confinés. Nous étions enfermés, mais unis et très connectés ! », détaille la créatrice de bijoux de 37 ans, qui a décidé d’articuler sa dernière collection autour de ce thème.

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Avec, pour fil rouge, une liane précieuse s’enroulant délicatement autour du corps, Unity explore la puissance de la nature et les liens unissant les êtres et les plantes. Pour photographier ces pièces, Annelise Michelson a choisi le décor d’entrelacs végétaux de la forêt de Morelos, au Mexique, où elle s’est envolée, début janvier 2021, pour décompresser.

Pièces de la collection Unity, qui évoque la puissance de la nature.

En ce moment propice à la réflexion, elle a eu envie d’appuyer sur pause et de ne plus céder à la demande effrénée de sa quinzaine de revendeurs. « J’en avais assez de produire de la nouveauté tous les mois, cela ne respectait pas mon processus créatif… Il faut aussi laisser le temps au bijou de s’installer. S’il est bien conçu, il a une pérennité. »

Bijou protecteur

En développant son propre vocabulaire stylistique, Annelise Michelson cultive depuis la naissance de sa marque, en 2012, une approche singulière, à travers une joaillerie conquérante et sensible. Ses créations, elle les conçoit comme de mini-sculptures qui « canalisent la confiance en soi. J’ai envie que les femmes osent et s’amusent avec un bijou qui, comme une armure, donne force et assurance ». Une dimension en partie due aux volumes assumés, qui vont bien au-delà du simple accessoire. Des ear cuffs spectaculaires, englobant l’oreille, ont fait sa signature, de même que ces bagues de petit doigt aux effets drapés qui lui ont permis de renouer avec ses premières amours, la haute couture.

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