Contestées, les éoliennes sont pourtant indispensables à une économie décarbonée

Eoliennes dans un champ, à Sarry (Yonne).

« Pourquoi tant de haine ? », s’interroge Le Journal de l’éolien. Au lendemain des élections régionales, la question mérite d’être posée, le devenir de l’éolien s’étant imposé comme l’un des thèmes les plus clivants de la campagne. Pendant des semaines, nombre de candidats n’ont pas retenu leurs attaques à l’encontre des quelque 8 000 mâts implantés en France.

Figure de ce mouvement de contestation, Xavier Bertrand (ex-Les Républicains, LR), réélu président des Hauts-de-France, estime que les éoliennes sont un « scandale français ». Pour Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN), elles sont une « catastrophe visuelle, écologique, économique » et n’ont tout simplement « plus leur place dans notre pays », que ce soit sur terre ou en mer. D’autres élus LR ont appelé à un « moratoire absolu et immédiat ».

Trop chères, destructrices du patrimoine, intermittentes, fabriquées à l’étranger, dangereuses pour la santé, non recyclables… Tous les arguments, plus ou moins fondés, ont été utilisés. Signe de l’écho de ces prises de position, un film à charge de l’association Documentaire et vérité, Eoliennes : du rêve aux réalités, a été visionné en ligne plus de 200 000 fois.

Face à ces critiques, le ministère de la transition écologique a tenté de faire face. Barbara Pompili est montée au créneau pour réaffirmer son soutien à la filière et dénoncer des campagnes de désinformation. « On peut être en campagne, on peut vouloir gagner, mais on ne peut pas dire tout et n’importe quoi aux citoyens devant de tels enjeux », a-t-elle regretté. La feuille de route énergétique du pays, qu’elle est chargée de mettre en œuvre, prévoit que la France compte 15 000 éoliennes terrestres en 2028.

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Surtout, selon la ministre, les polémiques politiques ne sont pas le reflet d’un rejet généralisé de cette source d’énergie. Au contraire, « l’adhésion à cette technologie est massive et nationale », assure-t-elle en citant le baromètre sur la perception des risques de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Selon cette étude, 82 % des Français ont une image positive de l’éolien, mais seulement 41 % accepteraient de vivre à côté d’un parc. D’autres sondages – commandés par la filière – montrent que les trois quarts des citoyens sont favorables aux éoliennes, même lorsqu’ils vivent à moins de 5 kilomètres d’un parc.

Sentiment de saturation

L’opposition à l’éolien serait donc le fait d’une minorité active ou l’expression du syndrome « Not in my back yard » (« pas à côté de chez moi ») ? Ces débats ont la vertu de pointer l’importance de mécontentements réels, aux motifs nombreux et variés. Dans certaines régions, une trop forte concentration de mâts crée un sentiment de saturation.

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