Contrat d’engagement jeune : déception des associations et des syndicats

Copie à améliorer. Voilà, à grands traits, l’appréciation qui est portée sur le « contrat d’engagement jeune » par les associations et par les syndicats. Ces organisations attendaient beaucoup du dispositif dévoilé, mardi 2 novembre, par Emmanuel Macron et par le premier ministre, Jean Castex, pour favoriser l’insertion des moins de 26 ans en situation de précarité. Après les annonces du pouvoir exécutif, elles expriment souvent de la déception, tout en reconnaissant qu’il y a des avancées.

Le contrat d’engagement s’adresse aux jeunes qui, de façon durable, ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation – les NEET en anglais. A ces publics qui ne parviennent pas à trouver, seuls, un poste, il va être proposé de suivre un « parcours » de six à douze mois (parfois dix-huit, dans certains cas dérogatoires). Les bénéficiaires feront l’objet d’un « accompagnement intensif » de quinze à vingt heures par semaine, avec une « mise en activité systématique » sous diverses formes : stage ou immersion en entreprise, préparation à l’entrée dans un centre pour apprentis, service civique, etc. Ceux qui sont sans revenus ou qui en ont peu seront éligibles à une allocation pouvant aller jusqu’à 500 euros par mois. Les signataires du contrat qui ne tiennent pas leurs engagements cesseront d’être aidés, selon la logique de « devoirs et de droits » énoncée par M. Macron.

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La mesure présentée mardi a vocation à faire converger, voire à absorber les mécanismes déjà en place, parmi lesquels la garantie jeunes, qui est mise en œuvre par les missions locales. Quelque 550 millions d’euros supplémentaires sont prévus pour l’exercice 2022, l’objectif étant d’épauler 400 000 individus en 2022.

« Une forme de renoncement »

« Le président de la République et le gouvernement ont tracé un cadre commun à tous les outils existants dans un souci de simplification, ce qui est une bonne chose, en termes de lisibilité », commente Antoine Dulin, du Conseil d’orientation des politiques de jeunesse. Autre point qu’il juge « positif » : le fait de « chercher 50 000 jeunes en situation de grande exclusion, en s’appuyant sur les associations ». Cette volonté d’« aller vers » ceux qui sont en rupture est « intéressante », renchérit Christophe Devys, du collectif Alerte, qui réunit des associations de lutte contre la pauvreté : « Nous sommes prêts à y participer », ajoute-t-il, même si la tâche s’annonce ardue, car elle implique une coordination avec d’autres opérateurs (missions locales, Pôle emploi…). Une telle démarche au profit de ceux qui « sont hors des écrans radars » est également saluée par Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité : « Il faut qu’elle soit opérationnelle rapidement, nous allons nous en emparer. »

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