Contre les formes graves de Covid-19, l’accès aux bithérapies d’anticorps monoclonaux est élargi

Une infirmière administre au docteur Prabakar Tummala une perfusion de bamlanivimab, un anticorps monoclonal, au Desert Valley Hospital, le jeudi 17 décembre 2020 à Victorville (Californie).

Plus d’un an après le début de la pandémie de Covid-19, la vaccination représente le principal moyen de lutte contre le virus. Si les thérapeutiques des formes graves ont progressé, les traitements antiviraux, pour prévenir la maladie ou soigner les personnes infectées, avant la phase inflammatoire, n’ont jusqu’ici pas vraiment fait leurs preuves. La piste des anticorps monoclonaux semble toutefois intéressante. Leur principe est de mimer la réponse immunitaire pour empêcher le virus de pénétrer dans les cellules. Ces traitements ciblent ainsi la protéine Spike, qui sert au virus à se fixer sur le récepteur d’entrée.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé, mardi 8 juin, que l’accès aux anticorps monoclonaux serait étendu, à partir du 11 juin, aux patients à risque de complications liées à des comorbidités, et ce quel que soit l’âge, à ceux ayant une infection par le VIH non contrôlée ou au stade sida, et aux enfants à partir de 12 ans à risque élevé de forme grave de Covid-19, notamment en raison d’une immunodépression sévère. Jusqu’alors, ces traitements étaient réservés aux patients adultes ayant un déficit de l’immunité, aux patients de plus de 80 ans et à ceux à partir de 70 ans présentant certaines comorbidités (obésité, insuffisance respiratoire ou cardiaque, diabète…).

Lire aussi Covid-19 : quelles sont les pistes dans la recherche d’un traitement ?

Deux bithérapies sont concernées : le cocktail casirivimab et imdevimab, du laboratoire suisse Roche et de la biotech américaine Regeneron – qui avait été médiatisé à l’automne 2020 lorsqu’il a été administré au président des Etats-Unis Donald Trump –, et le cocktail bamlanivimab et etesevimab, de la firme Lilly France. Elles ont reçu mi-mars une autorisation temporaire d’utilisation (ATU) de cohorte par l’ANSM.

« Le plus précocement possible »

« Nous répondons là à une demande forte des équipes médicales pour traiter des enfants qui sont atteints d’un déficit immunitaire congénital, ou lié à leur traitement (chimiothérapie, greffe de moelle…), et pour répondre à un besoin médical pour d’autres personnes qui n’étaient pas éligibles jusqu’à maintenant », détaille Alban Dhanani, directeur adjoint à la direction médicale chargé des médicaments anti-infectieux et des vaccins à l’ANSM.

Une fois l’infection confirmée par un test PCR positif, « l’enjeu est de démarrer ces traitements le plus précocement possible, dans les cinq premiers jours après le début des symptômes, car ils semblent d’autant plus efficaces que le corps n’a pas encore produit ses propres anticorps », explique le professeur Guillaume Martin-Blondel, infectiologue au CHU de Toulouse. L’objectif est d’éviter l’évolution vers une forme grave de la maladie pouvant conduire à une hospitalisation, voire à un passage en réanimation. Les médecins généralistes ont un rôle de repérage des patients. « C’est à un stade précoce de l’infection, au moment où la charge virale est la plus élevée, que les anticorps monoclonaux agissent le mieux, si l’infection par le Covid-19 entre dans une phase inflammatoire, c’est trop tard, la maladie étant trop avancée pour espérer une action efficace de ces traitements », précise Alban Dhanani.

Il vous reste 58.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.