Coronavirus, ce qu’il faut savoir cette semaine: la quatrième vague, bel et bien là

Alors que le nombre de contaminations explose, les députés s’apprêtent à voter l’élargissement du passe sanitaire et l’obligation vaccinale.

Bonjour,

Avec plus de 20.000 nouveaux cas en 24 heures, le doute n’est plus de mise. «On est dans la quatrième vague», a confirmé mercredi sur TF1, le premier ministre. Face à l’explosion des contaminations, le gouvernement joue son va-tout devant l’Assemblée nationale. Dans une ambiance houleuse, les députés examinent depuis mardi l’élargissement du passe sanitaire et l’obligation vaccinale des soignants. En attendant, on se bouscule dans les centres de vaccination avec près de 5 millions de créneaux réservés en une semaine. À l’autre bout du globe, en Australie, la stratégie du zéro Covid commence à lasser les expatriés français bloqués loin de leur famille. En Europe, alors que le tourisme reste plombé par l’incertitude, les Britanniques se résignent à passer un été sur les plages de la Manche et de la mer du Nord.

Bonne lecture,

Camille Lestienne, journaliste au Figaro


1. Où en est l’épidémie?

Taux d’incidence hebdomadaire par département du Covid-19 pour 100 000 personnes. Moyenne glissante sur 7 jours. Fig Data

On y est. Le mot était dans toutes les bouches ces derniers jours. Gabriel Attal, puis Olivier Véran et enfin le premier ministre se sont chargés de faire passer le message. Gonflée par le variant Delta qui concerne maintenant 80% des cas, la quatrième vague de l’épidémie de Covid-19 déferle sur la France. Avec 18.000 nouveaux cas mardi, 21.000 hier, l’augmentation de la circulation du virus est de l’ordre de 150% sur une semaine. C’est du« jamais vu» pour le ministre de la Santé. La hausse du taux d’incidence, de plus de 125%, serait carrément «stratosphérique» pour Gabriel Attal. Les experts interrogés par Le Figaro confirment: «La circulation de l’épidémie augmente de façon exponentielle», analyse ainsi le professeur Anne-Claude Crémieux, infectiologue à l’hôpital Saint-Louis à Paris. La question maintenant est de savoir si ces chiffres se traduiront à l’hôpital par une hausse des hospitalisations et des décès. Pour l’éviter, «il faut vacciner, vacciner, vacciner», martèle le professeur Alain Fisher, le monsieur Vaccin du gouvernement. C’est là tout l’enjeu des mesures décidées par l’exécutif: 96% des nouveaux contaminés n’étaient pas vaccinés, a précisé mercredi Jean Castex. En attendant, la quatrième vague démarre par les départements côtiers et certains territoires plus touchés que d’autres prennent des mesures de freinage. Dans les Pyrénées-Orientales, où le taux d’incidence est monté à près de 400 cas pour 100.000 habitants, les bars et restaurants ferment à 23 heures.

Les chiffres à retenir

  • 859 malades en soins critiques (-17 depuis la veille)
  • 6869 patients hospitalisés (-43 depuis la veille)
  • 21.539 nouveaux cas détectés en 24 heures
  • 22 décès en 24 heures (111.576 morts depuis le début de l’épidémie)

Source : Santé publique France au 21 juillet

2. Le passe sanitaire en discussion

Au musée du Louvre à Paris, le passe sanitaire est désormais exigé. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

Le passe à l’Assemblée. Explications de texte mercredi sur TF1. Alors que les députés examinent le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire, Jean Castex s’est exprimé pour apporter quelques précisions. Entre autres, le report du délai d’application du passe sanitaire pour les 12-17 ans, le non-isolement des personnes vaccinées qui seraient cas contact, l’absence de passe sanitaire à l’école. Inciter la population à se faire vacciner tout en gérant l’explosion des contaminations, l’exercice est délicat et place l’exécutif sur une ligne de crête, analyse Mathilde Siraud du service politique du Figaro. Après que le Conseil d’État a validé lundi le projet de loi du gouvernement, les débats ont été animés à l’Assemblée nationale. Depuis les rangs de l’opposition où le PS plaide pour l’obligation vaccinale tout comme au sein de la majorité présidentielle. À l’extérieur, le climat est délétère alors que des députés En Marche sont menacés de mort. Le projet de loi est hautement sensible et touche aux libertés des Français: obligation vaccinale des soignants, extension du passe sanitaire et isolement obligatoire des cas positifs. Jean Castex assure ses arrières et promet de saisir lui-même le Conseil constitutionnel après le vote du parlement.

Les premiers pas du passe. Mercredi, les lieux culturels ou les établissements sportifs ont essuyé les plâtres de l’élargissement du passe sanitaire. Dans les cinémas, les spectateurs plébiscitent le port du masque dont l’obligation a été maintenue par la plupart des multiplexes. Mardi, en effet, on apprenait que le masque pouvait être ôté dans les lieux exigeant le passe sanitaire. Une décision mal comprise alors que certains départements en proie à une reprise de l’épidémie le rendent de nouveau obligatoire. Les discothèques ont de leur côté connu quelques ratés. À Bordeaux, un cluster a été identifié à la suite de plusieurs soirées dans une boîte de nuit. Le contrôle du passe sanitaire, jugé trop léger par certains participants, est mis en cause. De quoi donner des sueurs froides aux restaurateurs qui devront au mois d’août filtrer l’entrée de leurs clients. Beaucoup redoutent le manque de temps et le mécontentement des refoulés. À leur grand soulagement toutefois, le premier ministre a précisé qu’ils n’auront pas à vérifier l’identité de leurs clients. Pour les centres commerciaux de plus de 20.000 mètres carrés en revanche, le gouvernement est resté ferme et maintient le passe malgré l’avis défavorable du Conseil d’État. D’autres ajustements sont attendus. La ministre du Travail, Élisabeth Borne, a promis des aménagements pour les salariés qui se retrouveraient sans passe sanitaire à des postes où celui-ci sera obligatoire à partir de fin août: RTT, jours de congé, suspension provisoire, réaffectation.

3. Les chiffres de la vaccination

Le premier ministre vise 50 millions de primo-vaccinés à la fin du mois d’août. RAYMOND ROIG / AFP

Le dynamisme de la vaccination. Jean Castex a précisé mercredi sur TF1 ses objectifs: le premier ministre vise 40 millions de primo-vaccinés fin juillet, 50 millions fin août. Une ambition portée par l’extraordinaire emballement de la campagne de vaccination depuis une semaine. La perspective du passe sanitaire et le déremboursement prochain des tests ont poussé au moins 4,8 millions de Français à prendre rendez-vous pour une première injection. La vaccination est désormais ouverte aux femmes enceintes dès le premier trimestre de grossesse. Il reste trois contre-indications médicales à la vaccination: le syndrome PIMS, ou syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique, les réactions type myocardite, péricardite et hépatite sévère après une première injection et les personnes allergiques à l’un des composants du vaccin. Si les jeunes sont les plus nombreux à prendre rendez-vous, 15% des plus de 75 ans n’ont encore reçu aucune injection. Une difficulté pour les Ehpad où neuf résidents sur dix sont vaccinés. Faut-il alors appliquer les règles d’exclusion aux derniers récalcitrants?

Les chiffres à retenir

  • 38,6 millions de personnes ont reçu une première dose (57,2% de la population).
  • 31,8 millions de personnes ont un schéma vaccinal complet (47,2% de la population).

Source : Direction générale de la Santé au 21 juillet

4. La citation

Ça fait deux ans et demi que je n’ai pas vu ma famille en France. Et surtout, on n’a aucune idée de quand on va en sortir.

Maïtena, une Française qui vit à Brisbane en Australie

La stratégie du zéro Covid appliquée d’une main de fer par le gouvernement australien commence à fatiguer quelques-uns des résidents, notamment les expatriés français. Ces derniers étaient pourtant jusqu’ici séduits par le succès remporté par le pays largement épargné par la pandémie. Mais privés de voyage depuis un an et demi, éloignés de leur famille, dans l’impossibilité parfois de se rendre à l’enterrement d’un proche, certains commencent à s’irriter devant l’inflexibilité de Canberra. «En Australie, les politiques me donnent l’impression d’être des robots, sans cœur, sans empathie, qui ne regardent que les chiffres et ne voient pas les gens derrière les nombres», confie l’un d’entre eux au Figaro. Avec un taux de vaccination très faible, la situation semble inextricable. À moins que les intérêts économiques ne fassent pencher la balance.

5. Le tourisme européen à l’épreuve du Covid

Au Royaume-Uni, les vacanciers se rabattent sur les côtes britanniques. PHIL NOBLE / REUTERS

Où poser sa serviette cet été? Le service économie du Figaro s’est penché sur l’été incertain des touristes. Face à la progression du variant Delta, les pays touristiques du sud de l’Europe ne savent plus à quel saint se vouer. Si l’Italie semble pour le moment sortir son épingle du jeu, la Grèce s’est vue asséner un vrai coup de massue. Un couvre-feu a été imposé sur l’île de Mykonos, d’autres îles pourraient suivre son exemple. Dans la péninsule ibérique, les réservations connaissent un coup de frein après les mises en garde française et allemande. À Lisbonne, seulement 32% du parc hôtelier est occupé. Les Britanniques, quant à eux, ne viendront pas dépenser leur budget vacances au soleil. Alors que les contraintes sur les voyages n’ont pas été levées, ils sont nombreux à se rabattre sur les plages de la Manche et de la mer du Nord.

6. Calendrier, passe et masques

Passe sanitaire. Depuis le 21 juillet, le passe sanitaire, déjà obligatoire pour les événements de plus de 1000 personnes et dans les discothèques, est exigé pour se rendre dans les lieux de culture et de loisirs accueillant plus de 50 personnes (cinéma, théâtre, concerts, festivals, etc.). Début août, il sera demandé à l’entrée des restaurants et des bars, à l’intérieur comme à l’extérieur, dans les trains, les cars et les avions, les centres commerciaux, maisons de retraite et établissements médicaux. Les salariés sont également concernés et devront avoir reçu une première injection au 1er août ou effectuer un test tous les deux jours. Les lieux de culte ne sont pas concernés. Les jeunes de 12 à 17 ans en sont exemptés jusqu’au 30 septembre. Pour rappel, le passe sanitaire n’est pas un certificat de vaccination. Pour qu’il soit valide, il faut être soit totalement vacciné depuis une semaine, soit présenter un test PCR ou antigénique négatif de moins de 48 heures ou une preuve de guérison (un test positif) de plus de 11 jours et de moins de 6 mois. Il se présente sous la forme d’un QR code stocké dans l’application TousAntiCovid ou sous format papier.

Le port du masque est toujours obligatoire dans les lieux clos et à l’extérieur lorsque la distanciation n’est pas possible (marchés, files d’attente, quais de gares, etc.). Certaines communes, comme Nice ou Le Touquet, ont d’ores et déjà réimposé le masque en extérieur dans certains lieux très fréquentés. La Charente-Maritime a pris les mêmes dispositions pour ses stations balnéaires ou îles les plus fréquentées tout comme la Meurthe-et-Moselle, l’Hérault et la Vendée Dans les lieux culturels où le passe sanitaire est exigé, il n’est pas obligatoire sauf décision contraire du gérant de l’établissement ou du préfet.

Un certificat pour voyager. Depuis le 1er juillet, les Européens peuvent voyager plus facilement au sein du continent grâce à des preuves certifiées de vaccination ou de tests négatifs rassemblées dans un document unique. En format numérique ou papier. Attention cependant, chaque pays peut continuer d’appliquer des règles spécifiques.

7. Les réflexes à conserver

Le virus se transmet par les gouttelettes et les aérosols. Les gestes barrières détaillés par le ministère de la Santé doivent être observés pour se protéger et protéger les autres:

  • Se laver les mains régulièrement ou utiliser du gel hydroalcoolique
  • Tousser ou éternuer dans le pli de son coude
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique
  • Porter un masque dans les espaces publics quand la distance de deux mètres ne peut pas être respectée
  • Respecter une distance d’au moins deux mètres avec les autres
  • Limiter au maximum ses contacts sociaux (6 maximum)
  • Eviter de se toucher le visage
  • Aérer les pièces le plus souvent possible, au minimum quelques minutes toutes les heures
  • Saluer sans serrer la main et arrêter les embrassades

8. Que faire en cas de symptômes ?

La maladie se manifeste par plusieurs symptômes, le plus souvent la toux et la fièvre.

Le plus important est de se faire tester. Selon les recommandations du ministère de la Santé, vous devez, en cas de symptômes, rester à domicile et contacter votre médecin qui vous prescrira un test. En attendant le résultat, vous devez vous isoler, porter un masque et préparer la liste des personnes que vous auriez pu contaminer. Dans le cas où le test est positif, le projet de loi relatif à la gestion de la crise sanitaire actuellement en discussion à l’Assemblée nationale, prévoit un isolement de 10 jours obligatoire dans le lieu de son choix. Des contrôles seront «assurés par les forces de l’ordre sur une amplitude horaire spécifique, de 8h à 23h», a précisé mardi le ministre de la Santé devant la commission des Lois.

À la semaine prochaine.