Covid-19 : à Melbourne, « ras le bol d’être enfermés »

Des policiers australiens, à Melbourne, en marge d’un rassemblement contre le confinement, le 25 septembre 2021.

Le bout du tunnel n’est plus loin. Le 26 octobre, les Melbourniens, qui détiennent le peu enviable record du monde du plus grand nombre de jours passés en confinement – 250, le 9 octobre –, devraient retrouver leur liberté de mouvement. Le gouvernement de l’Etat de Victoria s’est engagé à lever progressivement les mesures de restrictions dès lors que 70 % de la population âgée de plus de 16 ans aura reçu ses deux doses de vaccin, un seuil qui devrait être dépassé d’ici à la fin du mois. Pourtant, dans la deuxième ville d’Australie, le cœur n’est pas à la fête. Le nombre de malades continue de flamber, avec 1 965 nouveaux cas samedi, un autre record, et les habitants restent sur leurs gardes.

« Je suis comme saint Thomas, j’attends de voir pour y croire. Mais j’espère que les autorités vont tenir leurs promesses, sinon on va finir par exploser. Ras le bol d’être enfermés », tonne Gina Trimboli, 58 ans, cogérante d’une entreprise familiale. Les Melbourniens, qui subissent leur sixième confinement depuis mars 2020, peuvent actuellement sortir jusqu’à quatre heures par jour, dans un périmètre de 15 kilomètres, et pour quatre motifs seulement : faire des courses, se soigner, s’adonner à des activités sportives ou retrouver une poignée de proches, en extérieur, à condition que tout le monde soit vacciné. « C’est difficile, mais moins strict qu’il y a quelques semaines. Bien sûr, j’ai hâte de pouvoir voyager, mais, pour l’instant, je me contente du front de mer de Melbourne, nous avons quand même la chance de vivre dans un environnement magnifique », tempère Sarah McCormick, une célibataire de 44 ans.

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Son mantra : « Rester positive. » Si elle avoue avoir parfois eu des baisses de moral, notamment quand elle a perdu son travail dans l’événementiel en juin 2020, elle se raccroche à une « liste de choses à faire » qui lui sert de bouée de sauvetage quand les journées semblent ne pas vouloir finir. « Je me dis aussi que je fais cela pour protéger ma famille, mes amis », ajoute la jeune femme, qui ne se projette plus, de peur d’être déçue.

L’impossibilité d’éliminer le virus

Comme la majeure partie de la population, elle a soutenu la stratégie du gouvernement de l’Etat de Victoria quand, confronté à une deuxième vague d’ampleur à l’hiver austral 2020, il a choisi la politique du zéro Covid au prix d’un confinement de cent douze jours. L’objectif était d’éliminer le virus pour sauver des vies, de renouer avec un quotidien sans masques ni mesures de distanciation physique et de relancer durablement l’économie en évitant de jongler constamment entre les phases de confinement et de déconfinement. « Le coronavirus faisait des ravages dans le reste du monde et, ici, nos amis ne mouraient pas. Quand nous avons réussi à retomber à zéro, en octobre 2020, j’ai cru que nous étions sortis d’affaire. Nous avons ensuite vécu de longs mois de liberté », se souvient Neil Williams, un commercial qui a profité des restrictions pour se mettre à la course à pied, parvenant même à boucler son premier marathon « entre le 3e et le 4e confinement ». Le 9 octobre, l’Australie ne déplorait que 1 405 morts depuis le début de la pandémie.

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