Covid-19: à quoi pourrait ressembler la quatrième vague?

Jugée inexorable par les épidémiologistes, la quatrième vague de coronavirus pourrait de nouveau frapper les hôpitaux. Reste à savoir quand.

Sa perspective assombrit les vacances d’été. Avec la propagation du variant Delta, la possibilité d’une quatrième vague de coronavirus se précise alors que les contaminations sont de nouveaux à la hausse ces derniers jours : de 509 le 28 juin, le nombre de nouveaux cas est remonté depuis à plus de 2500 le 4 juillet (et même plus de 3000 le 3 juillet).

  • Quand faut-il l’attendre ?

Selon le ministre de la Santé Olivier Véran, «l’exemple anglais montre qu’une vague est possible dès la fin juillet». Il s’agirait toutefois, si l’on suit l’exemple anglais, d’un rebond des contaminations davantage que d’une «vague à proprement parler», dans la mesure où le nombre d’hospitalisations ne serait pas forcément corrélé. «Si on parle en termes d’hospitalisations et de décès, clairement non, en tout cas pas dès l’été», objecte le professeur de Santé publique Martin Blachier. «L’augmentation du nombre d’hospitalisations arrivera plus tard, en décalé. Tout l’enjeu reste en revanche la rentrée, à l’automne puis surtout à l’hiver», assure Martin Blachier.

À VOIR AUSSI – Covid-19: «Le risque d’une quatrième vague rapide est là», alerte Gabriel Attal

  • Sera-t-elle aussi violente que les précédentes ?

Une projection de l’Institut Pasteur envisage, avec un R0 – le nombre de personnes qu’un individu infecté va contaminer – en moyenne de 4 et une couverture vaccinale de 30% des 12-27 ans, de 70% des 18-59 ans et de 90% des plus de 60 ans, un nombre d’admissions à l’hôpital de 2500 personnes par jour. Soit moins qu’au pic de l’automne dernier, (2850) mais plus que fin avril (2000).

Dans le pire des scénarios possibles, l’épidémiologiste Antoine Flahaut n’exclut pas une nouvelle saturation des hôpitaux. «Les différentes vagues ont touché chacune 3 ou 4% des 50-60 ans. Avec la proportion de cette tranche d’âge non vaccinée, le virus peut facilement recruter la même proportion de malade et venir encombrer les hôpitaux, et mener potentiellement à de nouvelles mesures de restrictions», explique-t-il.

  • Qui risque d’être contaminé ?

Les personnes vaccinées devraient être protégées des formes graves, même s’il existe un petit pourcentage de personnes qui ont dûment reçu leurs deux doses et risquent de développer le Covid-19. En revanche, les jeunes non-vaccinés sont particulièrement susceptibles de développer le Covid-19. «On risque de voir en réanimation des patients plus jeunes. Mais ceux-ci risquent surtout de transmettre le Covid. Je m’inquiète particulièrement pour les 50-60 ans non-vaccinés», poursuit Antoine Flahaut. Vacciné ou non, tout le monde pourrait être exposé, toutefois, à des formes mineures du variant Delta.

  • Que change le variant Delta ?

La question de l’agressivité du variant n’est pas tranchée. Les études préliminaires menées en Angleterre et en Écosse semblent indiquer un risque accru, peut-être doublé, d’être hospitalisé, sans conséquences pour l’instant sur la morbidité. En revanche, les symptômes pourraient être sensiblement différents, se rapprochant davantage d’un rhume saisonnier avec des maux de tête, le nez qui coule et une légère fièvre, sans perte de goût et d’odorat. Il serait en tout cas 40 à 60% plus contagieux que le variant alpha (variant anglais), ce qui pourrait accélérer la vitesse de propagation de l’épidémie.

À VOIR AUSSI – Gabriel Attal: «Le variant Delta représente aujourd’hui plus de 40% des contaminations dans notre pays»