Covid-19 : ce que l’on sait du variant delta

Le variant Delta, ou «indien», représente 70% des nouvelles contaminations dans les Landes.

Actuellement répertorié dans 85 pays, le variant Delta inquiète de plus en plus en Europe. Plus connu sous le nom de variant «indien», en référence au pays dans lequel il a été découvert, ce dernier serait 40 à 60% plus contagieux que le variant britannique, aujourd’hui nommé alpha et qui est déjà lui-même beaucoup plus contagieux que la souche historique du Sar-CoV-2. Où se trouve ce variant en France ? Doit-on s’inquiéter ? Le Figaro fait le point.

  • Où se trouve-t-il en France ?

Pour le moment en France, il serait à l’origine de 9 à 10% des nouvelles contaminations en France, et à 70% dans le département des Landes. «Ce même département est le seul où nous observons une hausse de l’épidémie et le seul de l’Hexagone à être repassé au-dessus du seuil d’alerte de 50 cas pour 100.000 habitants», a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mercredi. On voit apparaître certains clusters isolés en France, comme la semaine dernière dans un collège en Essonne.

Taux d’incidence en France le 24 juin. CovidTracker

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  • Doit-on s’inquiéter d’une possible reprise épidémique ?

Gabriel Attal a alerté mercredi sur le risque de reprise épidémique. Tous les scientifiques l’affirment, nous nous trouvons actuellement dans une course effrénée entre la vaccination et les variants. Le but étant de vacciner le plus de monde possible, afin d’atteindre l’immunité collective -80% de la population vaccinée-, le seul moyen de lutter efficacement contre ces variants. Actuellement, 32 millions de Français ont reçu une injection de vaccin, et 17 millions un schéma de vaccination complet. «Notre couverture vaccinale de la population à deux doses est à ce jour insuffisante pour nous mettre à l’abri», nous avait confié l’infectiologue Anne-Claude Crémieux mercredi dernier.

  • Que révèlent les exemples des pays étrangers ?

Pour comprendre le variant Delta, deux exemples de pays sont intéressants : le Royaume-Uni et Israël. Actuellement, outre-Manche, 90% des nouvelles contaminations proviennent du variant indien. Gabriel Attal a averti avant-hier, les Britanniques étaient «il y a quelques semaines à quelques centaines de cas», ils avoisinent aujourd’hui 11.000 nouvelles contaminations par jour, alors que 63% de leur population est primo-vaccinée, et 46% ont reçu un schéma de vaccination complet. Le premier ministre anglais Boris Johnson a donc reporté de quatre semaines le déconfinement du pays, initialement prévu le 21 juin.

Israël aussi, pourtant exemplaire en matière de vaccination, est touché par le variant et observe des cas de contaminations. 40% des nouveaux cas sont des personnes vaccinées, «ce qui signifie que le variant est très contagieux», avait déclaré lundi soir Gabi Barbash, ancien directeur général du ministère israélien de la Santé. Toutefois, «il n’y a pas beaucoup de cas», a tempéré le Pr Jean-Daniel Lelièvre, membre de la Haute Autorité de santé : «Il y a des échecs vaccinaux, oui, mais personne n’a dit que le vaccin marchait à 100%». Avec 60% de la population vaccinée, Israël n’a pas encore atteint l’immunité collective et se retrouve à un plafond de verre depuis mi-mars.

L’intérêt est donc d’observer ce qui va se dérouler dans ces deux pays, qui ont atteint un stade avancé de la vaccination avec deux stratégies différentes. La stratégie vaccinale israélienne, vers laquelle la France tend, va-t-elle empêcher le variant d’entrer dans la population adulte ? «Si ça ne tient pas, on ne pourra pas se passer en France d’une vaccination plus importante de la population, y compris celle des adolescents», a admis le docteur Anne-Claude Crémieux au cours de l’une de nos vérifications.

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  • Les vaccins sont-ils résistants ?

Selon les données britanniques, l’efficacité pour éviter l’apparition des symptômes de la maladie liée au variant Delta serait de 80 % pour Pfizer et 60 % pour AstraZeneca. De prime abord, une seule dose garantissait une protection assez forte contre la souche historique, mais ce n’est pas le cas du variant Delta. Toutefois, cette première injection protège contre les formes graves du Covid-19. D’après le Professeur Lelièvre, au Royaume-Uni, elle a évité des cas graves, et permet «de faire chuter les hospitalisations».

  • Le variant Delta Plus

Dans un communiqué publié mardi, le ministère indien de la Santé a indiqué avoir placé les États du Maharashtra, du Kerala et du Madhya Pradesh en alerte. En cause, une nouvelle mutation du variant du coronavirus, nommé «Delta Plus», classé comme «préoccupant» par les autorités sanitaires indiennes. Il se définit par une transmission accrue, une liaison plus solide aux récepteurs des cellules pulmonaires et une diminution possible de la réponse des anticorps monoclonaux.