Covid-19 : ces territoires où la vaccination patine encore

La France a franchi, vendredi 17 septembre, l’objectif des 50 millions de personnes ayant reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19. Depuis l’annonce du président de la République, le 12 juillet, d’une extension du passe sanitaire alors que la campagne s’essoufflait, plus de 13 millions de personnes supplémentaires ont été vaccinées.

Pour autant, les lignes de fracture qui traversent le pays n’ont pas disparu. Au contraire, plusieurs d’entre elles se sont maintenues, selon l’indice comparatif de la vaccination, calculé par le géographe de la santé Emmanuel Vigneron à partir des dernières données de l’Assurance-maladie en date du 17 septembre et portant sur la situation au 5 septembre. Cet indicateur, publié une première fois le 25 juillet, permet d’évaluer l’avance ou le retard d’un territoire par rapport aux moyennes nationales, à l’échelle fine des intercommunalités, indépendamment du « biais de l’âge » de ses habitants.

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Résultat : deux mois plus tard, alors que, selon le ministère de la santé, encore 8,5 millions de Français restaient à convaincre au 14 septembre, avec 86 % des plus de 12 ans ayant reçu une première dose, le clivage demeure entre une France du Nord et du Grand Ouest bien vaccinée, et un Sud-Est sous-vacciné.

Outre les territoires ultramarins, qui accusent le plus grand retard, en métropole, la France la moins vaccinée s’étend du pays niçois à Digne-les-Bains, Gap, Toulon et Marseille, pour la Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), jusqu’aux alentours de Perpignan, Carcassonne et Montauban, plus à l’ouest, en Occitanie, ou encore en Nouvelle-Aquitaine, à Périgueux et Cahors.

« Trous dans la raquette »

Ces territoires n’ont pas rattrapé leur retard durant la période estivale, quand, à l’inverse, les départements déjà les plus vaccinés ont renforcé leur avance. « Globalement, les premiers sont toujours les premiers, les derniers toujours les derniers, résume le professeur Emmanuel Vigneron. C’est le signe d’une dimension territoriale forte de la résistance à la vaccination, cela peut aussi être celui de “trous dans la raquette” du dispositif vaccinal, les deux pouvant se cumuler. »

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Les territoires très ruraux ou éloignés des métropoles, en périphérie, restent encore, ici et là, en deçà des moyennes, comme la communauté du Diois (Drôme), ou encore le Couserans, dans l’ouest de l’Ariège. Mais ce sont d’autres espaces où la sous-vaccination paraît la plus massive : dans de nombreux quartiers défavorisés, près de 50 % de la population n’a pas reçu une seule dose de vaccin. Une situation que l’on retrouve de la Seine-Saint-Denis au sud du Val-de-Marne, mais aussi à Vaulx-en-Velin, Vénissieux, Saint-Fons, dans la métropole lyonnaise, jusqu’aux quartiers nord de Marseille. Dans les 3e, 14e et 15arrondissements de la cité phocéenne, zones de désert médical, entre 57 % et 59 % des habitants restent à vacciner.

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