Covid-19 : « C’est une erreur d’opposer la répartition mondiale des vaccins et les recommandations d’une dose de rappel »

Tribune. Au 6 octobre, 46 % de la population mondiale avait été totalement vaccinée contre le Covid-19 et plus de 6,3 milliards de doses avaient été administrées dans le monde, selon le site OurWorldInData. Un succès indéniable sur les plans scientifique, technique et politique.

C’est dans ce contexte qu’il faut considérer les données publiées par les centres africains de contrôle et de prévention des maladies (African CDC), qui montrent que seulement 4,3 % de la population africaine est à présent complètement vaccinée. L’Afrique ne semble donc pas en mesure d’atteindre l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) d’avoir vacciné 40 % de sa population à la fin de l’année, car il manque près de 500 millions de doses pour cela, selon le bureau régional de l’OMS.

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Ce fossé considérable (plus de 45 % de la population mondiale mais seulement 4 % des Africains) est choquant au plan moral – seuls les plus riches seraient protégés –, n’a aucun sens au plan épidémiologique – les virus ne connaissent pas les frontières et leur circulation favorise l’apparition de variants – et interroge au plan politique – que valent donc les discours sur la solidarité des dirigeants les plus puissants de la planète s’ils ne se traduisent pas sur le terrain ? Il doit donc être dénoncé.

Renforcer les défenses immunitaires

Des voix se sont élevées, ces dernières semaines, pour critiquer le choix des pays riches d’organiser, dans ce contexte, une campagne vaccinale pour une injection de rappel − « la troisième dose ».

Nous pensons que c’est une erreur de poser ainsi le débat en opposant un enjeu légitime de répartition mondiale des vaccins – question à la fois éthique et politique – et les recommandations d’une dose de rappel dans les pays qui ont déjà le mieux réalisé la vaccination, pour peu que cette troisième dose soit scientifiquement justifiée en raison de l’âge ou des comorbidités des populations ciblées.

En effet, la protection apportée par les vaccins anti-Covid-19 – surtout face au variant Delta – s’atténue significativement six mois après la vaccination, comme l’a démontré une vaste étude menée en Israël (Yaïr Goldberg et col., New England Journal of Medicine, 15 septembre 2021). D’où, pour les personnes fragiles déjà vaccinées, la nécessité d’une injection de rappel afin de renforcer leurs défenses immunitaires.

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Les études disponibles montrent que c’est bien ce qui se produit lorsque l’on complète ainsi le schéma vaccinal. L’administration d’une troisième dose devra d’ailleurs être également envisagée pour les populations vulnérables des pays à ressources limitées. Présenter, en les opposant, la très faible couverture vaccinale en Afrique et dans les pays à ressources limitées, et l’ajout d’un rappel au schéma vaccinal des plus fragiles est d’autant moins justifié que https://www.airfinity.com/insights/more-than-a-billion-available-stock-of-western-covid-19-vaccines-by-the-end?s=03″ target= »_blank » rel= »noopener » title= »Nouvelle fenêtre » >le monde n’est plus dans la situation de pénurie de doses vaccinales qu’il a connue au début de 2021.

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