Covid-19 : CureVac abandonne son candidat-vaccin

L’annonce semblait inéluctable. Le laboratoire allemand CureVac a décidé, mardi 12 octobre, de remiser au placard son premier candidat-vaccin à ARN messager contre le Covid-19, sur lequel la société travaillait outre-Rhin depuis plus d’un an et demi.

La biotech de Tübingen (Bade-Würtemberg) estime que ce dernier arriverait trop tardivement sur le marché pour encore avoir « un impact sur la pandémie actuelle », a expliqué son directeur général, Franz-Werner Haas. Une justification qui n’est pas sans faire écho à la récente annonce, par le groupe pharmaceutique français Sanofi, de l’abandon de son propre candidat-vaccin à ARN messager contre le Covid-19.

Le contrat signé avec l’UE désormais caduc

L’avenir du CVnCoV, le candidat-vaccin de CureVac, semblait d’autant plus incertain que les derniers résultats cliniques de phase 2b/3, dévoilés par la firme allemande le 30 juin, s’étaient révélés particulièrement décevants. Le laboratoire avait alors annoncé que son produit présentait une efficacité de seulement 48 % contre le virus. Un taux largement inférieur aux plus de 90 % affichés par les vaccins à ARN messager de ses concurrents, Pfizer-BioNTech et Moderna.

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Pionnier de la technologie de l’ARN messager, CureVac, fondé en 2000 par le chercheur Ingmar Hoerr, était pourtant l’un des espoirs de la course au vaccin. La Commission européenne avait notamment passé, dès novembre 2020, une précommande à la biotech pour l’achat de 225 millions de doses, avec une option pour l’acquisition de 180 millions de doses supplémentaires. Un contrat désormais caduc.

Le laboratoire allemand ne renonce pas pour autant définitivement à apporter sa pierre à l’édifice contre la pandémie de Covid-19. L’entreprise concentrera à présent « ses efforts et ses ressources » sur le développement de CV2CoV, son candidat-vaccin à ARN messager de deuxième génération, mis au point en collaboration avec la société pharmaceutique britannique GSK. Actuellement au stade préclinique, ce dernier aurait démontré, selon M. Haas, une meilleure efficacité dans le déclenchement de la réponse immunitaire que son prédécesseur. CureVac et GSK espèrent pouvoir lancer l’étude clinique « dans les prochains mois », afin d’obtenir une homologation « courant 2022 ».