Covid-19 : « La gestion de l’épidémie n’est pas qu’une affaire de santé publique mais revêt une dimension économique et politique »

Tribune. Il y a encore peu, deux stratégies pour lutter contre la pandémie étaient envisagées : zéro Covid ou bien « vivre avec ». La situation est devenue plus complexe avec le variant Delta, plus contagieux. Une couverture vaccinale, la plus large possible, est actuellement la solution privilégiée.

Des différences persistent néanmoins. Elles peuvent être regardées à partir de deux dimensions : la capacité d’isolement des populations et la capacité d’obtention de vaccins. Le croisement de ces deux dimensions permet de mieux comprendre les choix politiques opérés.

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La première dimension est le choix d’isolement qui dépend de la capacité à mettre en place une telle politique ; certains pays y arrivent grâce à leur géographie, comme la Nouvelle-Zélande ou Singapour ; d’autres, comme la Corée du Nord et la Chine, emploient la manière forte des régimes autoritaires.

Une question de résilience

Quel que soit le levier principal, ces pays ont en partage une faible densité de population ou une grande acceptation des décisions de confinement local ou général. Celà implique une résilience forte des populations et une confiance pleine dans les politiques prises et/ou une acceptation complète.

Dans ce cas, les pays peuvent mener une politique de contrôle sanitaire très stricte. Les arrivées et les départs sont sous contrôle serré. A la moindre alerte, des mesures drastiques sont mises en place pour éviter l’étendue de la contagion. Les zones concernées sont tout de suite isolées du reste du territoire. Pour ces pays, la politique d’éradication du virus a prévalu jusqu’à maintenant.

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Toutefois, les interactions sociales et les échanges de pensées avec l’extérieur se font presque exclusivement à distance. D’autres pays ont une faible capacité d’isolement et l’idée du « vivre avec le virus » est celle qui a prévalu. Il s’agit de pays dont les frontières sont définies comme poreuses, géographiquement mais aussi par construction politique.

La France est par définition un pays ouvert

Les pays membres de l’Union Européenne, (UE) dont la France, en font partie. Une fermeture des frontières n’est alors ni réaliste ni économiquement souhaitable. La France est par définition un pays ouvert. Une fermeture poserait la question des frontaliers, des touristes. Et surtout, cela demanderait une infrastructure que nous n’avons plus depuis longtemps et dont la mise en place est difficilement imaginable à court terme.

La faible capacité d’isolement concerne également des pays dont l’économie est presque exclusivement tournée vers le tourisme. Ces Etats font face à un arbitrage entre les effets délétères de l’absence d’entrée de richesse par l’absence de touristes, et le contrôle de l’expansion du virus Covid-19 sur leur territoire.

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