Covid-19: la troisième dose vaccinale, mode d’emploi

Alors que les injections ont commencé le 1er septembre, Le Figaro répond aux questions que vous vous posez.

La Haute Autorité de santé (HAS) ­recommande depuis le 24 août une dose de rappel de vaccin anti-Covid à certaines populations à risque. Les injections ont débuté le 1er septembre, en ville comme en centre de vaccination. Qui y est éligible, et pourquoi ? Mode d’emploi de la «troisième dose».

  • Qui est concerné ?

L’injection d’une dose de rappel est recommandée aux populations les plus fragiles face au Covid-19. On retrouve parmi celles-ci les catégories ayant bénéficié en premier de la vaccination : résidents d’Ehpad et d’unités de soins de longue durée, plus de 65 ans (les plus de 80 ans étant prioritaires), malades présentant un très haut risque de forme grave de Covid-19 en raison d’une pathologie listée par le ministère de la Santé, ou rendus plus vulnérables par une comorbidité (obésité, cancer, BPCO, démence, antécédent d’AVC…). Sont également concernées les personnes qui ont reçu le vaccin Janssen, ainsi que les individus sévèrement immunodéprimés («qui ont déjà reçu trois doses et en recevront une quatrième», précise l’avis de la HAS).

  • Quels vaccins requièrent un rappel ?

Le rappel concerne tous les vaccins autorisés actuellement en Europe contre le Covid : le Comirnaty de Pfizer/BioNTech, le Spikevax de Moderna, le Vaxzevria d’AstraZeneca et le vaccin de Janssen à dose unique. Parfois appelé «troisième dose» (abusivement pour les personnes ayant déjà contracté le Covid et n’ayant donc reçu qu’une dose de vaccin, ou celle ayant reçu le vaccin Janssen qui n’implique qu’une injection), le rappel se compose d’une dose de vaccin à ARN. Il peut s’agir indifféremment de celui de Pfizer/BioNTech ou de Moderna, quel que soit le sérum initialement reçu par le patient.

« Les vaccins à ARN de Pfizer ou Moderna et les vaccins à vecteur viral d’AstraZeneca et Janssen aboutissent tous à la production de la protéine spike propre au Sars-CoV-2. Le résultat est le même en termes de production d’antigènes. En revanche, les vaccins à ARN sont plus efficaces contre le variant Delta, ce qui explique qu’on les utilise actuellement en rappel», explique le Pr Elisabeth Bouvet, infectiologue, présidente de la commission technique vaccination à la HAS.

Six mois, c’est le délai à partir duquel on commence à observer une diminution des marqueurs immunologiques dans le sang. Cela se surajoute à la moindre efficacité des vaccins contre le variant Delta qui prédomine en ce moment

Pr Elisabeth Bouvet, infectiologue, présidente de la commission technique vaccination à la HAS

  • Quel calendrier ?

La HAS a choisi d’autoriser le rappel six mois après la fin de la vaccination initiale (une ou deux doses, selon les cas), et quatre semaines après l’injection unique de Janssen. «Six mois, c’est le délai à partir duquel on commence à observer une diminution des marqueurs immunologiques dans le sang. Cela se surajoute à la moindre efficacité des vaccins contre le variant Delta qui prédomine en ce moment», explique le Pr Bouvet.

  • Pour quelle raison faire un rappel ?

Dispenser un rappel à distance de la vaccination initiale est un «schéma classique en vaccinologie, note le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Henri-Mondor, à Créteil. La protection induite ainsi devrait être plus durable dans le temps. Nous avons beaucoup de données qui tendent à montrer que ce rappel est intéressant, notamment pour les per­sonnes les plus fragiles», qui ont donc besoin d’une protection particulièrement forte. Les scientifiques ignorent toutefois à ce stade si un rappel supplémentaire sera nécessaire un jour.