Covid-19 : le fonds de solidarité pour les entreprises va être supprimé le 30 septembre, annonce Bruno Le Maire

Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, lors d’une conférence de presse, le 30 août 2021.

Le fonds de solidarité mis en place par le gouvernement français en mars 2020 pour soutenir les entreprises pénalisées par la crise sanitaire sera supprimé le 30 septembre, a annoncé, lundi 30 août, le ministre de l’économie, Bruno Le Maire.

Il sera, en revanche, maintenu, avec les autres dispositifs de soutien, pour les départements et territoires d’outre-mer, où la situation sanitaire impose encore des restrictions très strictes, a précisé le ministre lors d’un point de presse à l’issue d’un rendez-vous de plusieurs membres du gouvernement avec les représentants des secteurs encore pénalisés par la crise.

Devant la bonne forme de l’économie française, le ministre avait déjà sifflé la fin du « quoi qu’il en coûte » la semaine dernière, tout en promettant de continuer « à soutenir ceux qui en ont besoin ». Objectif : « Passer d’un dispositif général et forfaitaire, le fonds de solidarité, à un dispositif sur mesure (…) pour aider réellement chaque entreprise en difficulté », avait ainsi assuré M. Le Maire, lundi matin, sur France Inter, peu avant cette réunion à Bercy.

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Le fonds de solidarité sera remplacé à partir du 1er octobre par un dispositif permettant l’indemnisation de 70 à 90 % des coûts fixes non couverts par les recettes, dans les secteurs dont l’activité reste pénalisée par les restrictions sanitaires. Il a ajouté que le dispositif sera étendu à toutes les entreprises, alors qu’il était limité à celles réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires.

Plusieurs réunions prévues

Une première réunion avec, notamment, les représentants du commerce, du tourisme et de l’événementiel s’est tenue à 9 h 30, tandis que le ministre avait promis aux entrepreneurs une clause de revoyure à la fin du mois d’août. M. Le Maire était accompagné par ses homologues du travail, Elisabeth Borne, des PME, Alain Griset, et du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne.

A 14 h 30, le monde de la culture, dont des représentants du cinéma et du spectacle vivant, sera ensuite reçu séparément par les ministres Le Maire et Griset ainsi que leur collègue de la culture, Roselyne Bachelot. Cette dernière a annoncé, lundi, sur Franceinfo une aide « sur mesure » au secteur, mentionnant, sans précision, le maintien de « certaines mesures transversales » d’aide aux entreprises, tout en notant que le secteur de la culture est dans une « période de reprise ».

A la question de savoir si l’aide serait attribuée selon la situation de chaque théâtre ou cinéma, la ministre a répondu : « Exactement. » Et pour cela, les services de l’Etat vont « regarder le chiffre d’affaires et la fréquentation » des entreprises concernées, en utilisant comme période de référence « ce qui s’est passé avant l’instauration du passe sanitaire, et par rapport aux années sans crise sanitaire ».

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Evoquant le secteur de la presse, qui a « rencontré de grandes difficultés », elle a annoncé un effort « pour un certain nombre d’acteurs et, en particulier, pour les photojournalistes et photodocumentaristes ». Un programme de commande publique, doté de cinq millions d’euros et piloté par la Bibliothèque nationale de France (BNF), va en sélectionner 100 en novembre et 100 en mars 2022. Ils recevront une bourse de 22 000 euros pour réaliser une « radioscopie de la France de la crise sanitaire et après ». Leurs travaux seront exposés ensuite « à la BNF et dans toute la France ».

240 milliards d’euros depuis mars 2020

Les mesures de soutien pour aider les entreprises à surmonter la crise se sont élevées à 240 milliards d’euros depuis mars 2020, dont un tiers de subventions et deux tiers de prêts, a également précisé le ministre de l’économie. L’argent donné « aux entreprises ou aux salariés pour protéger le pouvoir d’achat, c’est 80 milliards d’euros », a-t-il détaillé. « A cela s’ajoutent des prêts, mais c’est des prêts, ça n’a rien à voir, économiquement, avec des subventions, de l’ordre de 160 milliards d’euros, les prêts garantis par l’Etat, plus d’autres formes de prêt », a ajouté Bruno Le Maire.

Il a rappelé que le Fonds de solidarité avait coûté environ 35 milliards d’euros, tout comme la prise en charge par l’Etat de l’activité partielle, tandis que les exonérations de charges se sont élevées à dix milliards d’euros.

Depuis le début de la crise sanitaire, plus de 685 000 de prêts garantis par l’Etat (PGE) ont été accordés pour un montant de 139,3 milliards d’euros, selon le ministère de l’économie. D’autres prêts, notamment participatifs, ont également été accordés par l’Etat, expliquant le chiffre de 160 milliards rapporté par Bruno Le Maire.

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Le ministre a mis en avant la bonne santé de l’économie française, qui « tourne à 99 % de ses capacités » et la reprise de la consommation pour justifier la fin des aides massives aux entreprises. Il a fait savoir que les demandes de PGE sont tombées de 500 000 au mois de mai, alors que toutes les entreprises y étaient encore éligibles, à 50 000 en juillet. Le ministre a dit croire que l’embellie économique « va continuer », car « la consommation est bien orientée ».

Quant à la mise en place du passe sanitaire dans des lieux recevant du public au début d’août, elle « n’a pas eu d’impact sur l’activité économique du pays », selon lui. « Dans les bars et les restaurants, les dépenses en carte bleue ont augmenté de 5 % la semaine du 9 août », celle du début de l’instauration du passe, « et de 8 % la semaine qui a suivi » par rapport à 2019, a justifié M. Le Maire, reconnaissant toutefois « une ou deux exceptions », comme « les centres commerciaux ».

Le Monde avec AFP