Covid-19 : le marché du travail a bien résisté à la crise

Quel miracle a donc sauvé le marché du travail ? Si la France a connu une récession d’une grande violence en 2020, la flambée redoutée du chômage n’a pas eu lieu. Les pires augures laissaient entendre, au printemps 2020, que le nombre de demandeurs d’emploi pourrait allègrement franchir la barre symbolique des 10 %, compte tenu des plans sociaux à venir et des faillites en cascade. Un peu plus d’un an plus tard, alors que la sortie de crise se profile pour le second semestre, force est de dire que les plus pessimistes se sont trompés. Le marché du travail ressort largement préservé de la crise.

Avec 2,4 millions de chômeurs dénombrés au premier trimestre 2021, le taux de chômage sur le territoire s’est établi à 8,1 %, en hausse d’un dixième de point seulement par rapport à 2020. D’ici à la fin de l’année, c’est la stabilité qui prévaut : l’Insee voit, dans sa note de conjoncture publiée jeudi 1er juillet, le taux de chômage s’établir à 8,2 % au terme de 2021. Globalement, en sortie de crise, le chômage retrouve son niveau de fin 2019.

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Qu’est ce qui a permis de préserver ainsi le marché du travail, tandis que l’activité dégringolait de plus de 8 % en 2020 et que de larges pans de l’économie fonctionnaient au ralenti, voire étaient à l’arrêt ? La première explication tient au dispositif de chômage partiel, qui a permis aux entreprises de conserver leurs salariés malgré la baisse de l’activité.

Mise en retrait

La seconde explication est à trouver dans le comportement des salariés eux-mêmes, qui se sont mis en retrait du marché de l’emploi pendant quelques mois, constatant qu’ils n’avaient guère de chances de trouver un job dans un secteur à l’arrêt comme le tourisme, l’hôtellerie ou la restauration. Avec le retour à la normale de l’activité, ces personnes « empêchées » devraient reprendre leurs recherches d’emploi. Selon l’Insee, cela entraînerait une hausse du nombre d’actifs de 377 000 sur l’année, essentiellement sur le second semestre.

Mais ce retour ne se traduira pas par une hausse du nombre de demandeurs d’emploi, puisque certains secteurs, en nette reprise, recrutent à tour de bras : les statistiques des embauches de plus d’un mois publiées par l’Acoss (Sécurité sociale) retrouvent un niveau bien supérieur à celui d’avant crise, souligne d’ailleurs Philippe Waechter, chef économiste chez Ostrum Asset Management, dans un article de blog publié mercredi 30 juin. Le secteur de la construction affiche déjà 47 000 emplois de plus qu’en 2019. Entre fin mars et fin juin, l’emploi salarié aurait augmenté de 101 000 postes, selon l’Insee. Le rebond aurait essentiellement concerné les secteurs qui ont été les plus touchés par ces restrictions : l’hébergement-restauration a créé 51 000 emplois, et la réouverture du monde de la culture, des musées, des salles de spectacles, environ 25 000 selon l’Insee.

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