Covid-19 : le Royaume-Uni résilie son contrat avec Valneva

Au siège du groupe Valneva, à Saint-Herblain, près de Nantes, le 30 juillet 2020.

Coup dur pour Valneva. Le gouvernement britannique a résilié, à la surprise générale, la commande de vaccins contre le Covid-19, passée il y a un an à la biotech franco-autrichienne. Le contrat, qui prévoyait la livraison de 100 millions de doses au cours de 2021 et 2022 – avec une option de 90 millions de doses supplémentaires entre 2023 et 2025 –, devait représenter jusqu’à 1,4 milliard d’euros de ventes pour le laboratoire. Une belle opportunité manquée pour ce spécialiste des vaccins (110 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2020), qui commercialise par ailleurs des vaccins contre l’encéphalite japonaise et le choléra.

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La désillusion est d’autant plus grande qu’il s’agissait, à ce jour, du seul contrat conclu par la société pour son produit contre le Covid-19. « Valneva a travaillé sans relâche et s’est investi au maximum de ses capacités », a déploré l’entreprise, installée à Saint-Herblain, près de Nantes, avant de rappeler sa « très forte implication, afin de répondre aux demandes [du gouvernement britannique] sur des vaccins adaptés aux variants ».

La nouvelle n’a pas manqué de faire réagir les investisseurs à la Bourse de Paris. Après plusieurs semaines d’euphorie, le cours a brutalement plongé lundi 13 septembre, perdant près de 42 %.

« Décision surprenante »

« C’est sans conteste une mauvaise nouvelle pour l’entreprise. Cette décision est surprenante, car il s’agissait aussi d’un contrat stratégique pour le gouvernement britannique, qui, avec l’usine de Valneva située en Ecosse, voulait s’assurer une capacité de production de vaccins sur son territoire », observe Samir Devani, directeur général de Rx Securities. Valneva dispose, en effet, d’une usine à Livingston, où est fabriqué le vaccin, avant d’être envoyé à Solna, en Suède, pour le remplissage et le conditionnement des flacons.

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Comment expliquer ce retournement de situation ? Le gouvernement britannique « prétend que la société n’a pas respecté les obligations de son contrat, ce que Valneva conteste vigoureusement », explique, sans plus de précision, la biotech franco-autrichienne. De son côté, Londres est resté tout aussi silencieux sur les raisons du divorce. Le Royaume-Uni, dont près de 90 % de la population éligible a déjà reçu au moins une dose de vaccin, a multiplié les contrats auprès des fabricants depuis un an. De quoi lui assurer suffisamment de fioles pour piquer cinq à six fois sa population.

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