Covid-19: l’épidémie ralentit, mais se maintient à des niveaux très élevés

Depuis le 30 juillet, le nombre de contaminations tourne autour des 21.000 cas quotidiens, avec une situation jugée très préoccupante dans plusieurs départements d’outre-mer, mais aussi en Corse, en Paca ou en Occitanie.

Après une augmentation très forte des contaminations tout au long du mois de juillet, l’épidémie a ralenti son rythme de progression ces derniers jours. Depuis le 30 juillet, le nombre de contaminations s’est stabilisé sur un plateau élevé autour des 21.000 cas quotidiens (calculé sur une moyenne de sept jours glissants). Les hospitalisations et les admissions en réanimation sont en revanche toujours en hausse avec plus de 600 personnes admises quotidiennement à l’hôpital, dont environ 150 en soin critique. «Les vacances scolaires et les congés annuels de nombreux salariés créent dans toute l’Europe une situation de semi-confinement», constate Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’université de Genève. Ce qui peut expliquer ce plateau du nombre de cas.

Alors que l’épidémie était jusque-là principalement portée par les plus jeunes (10-39 ans), l’augmentation est désormais plus marquée chez les plus de 40 ans, «reflétant la diffusion de l’épidémie des personnes les plus jeunes vers les plus âgées» selon Santé publique France. La situation est jugée très préoccupante dans plusieurs départements d’outre-mer, mais aussi en Corse, en Paca ou en Occitanie. L’incidence est en revanche en baisse dans les Pyrénées-Orientales et en Haute-Corse, deux départements très prématurément touchés en juillet. Elle y reste cependant à des niveaux très élevés, avec plus de 500 cas pour 100.000 habitants dans les Pyrénées-Orientales et près de 800 en Haute-Corse.

«La couverture vaccinale seule pas encore suffisante»

Dans ces départements comme ailleurs, il est encore trop tôt pour savoir si le ralentissement de l’incidence se répercutera sur les cas graves, ou même si le plateau actuel ne marque pas juste un palier avant une nouvelle hausse. «La chute du nombre de cas observée en Angleterre depuis deux semaines s’est stabilisée elle aussi à un niveau élevé, autour de 26.000 cas par jour, notre Jean-Stéphane Dhersin, directeur adjoint scientifique de l’Institut national des sciences mathématiques. Ce qui tend à montrer que la couverture vaccinale seule n’est pas encore suffisante pour stopper la diffusion du virus. Il est très vraisemblable que ce soit également le cas en France.»

Au Royaume-Uni, 47 millions de personnes ont reçu au moins une dose de vaccin, soit 70% de la population, contre 44 millions et 65% de la population en France. La campagne vaccinale devrait connaître un ralentissement dans les prochains jours selon les données du site de réservation en ligne Doctolib, mais repartir à la hausse à partir du 15 août. Plus de 50 millions de personnes devraient ainsi avoir reçu une dose de vaccin au 31 août, dont 44 millions avec une vaccination complète.

Des niveaux très élevés mais qui, de l’avis des scientifiques, pourraient rester insuffisants pour prémunir d’une nouvelle vague hospitalière. «L’usage étendu du passe sanitaire en France pourrait permettre au pays de reprendre un contrôle durable sur la quatrième vague, liée au variant Delta, note cependant Antoine Flahault. Par ailleurs, ce passe semble avoir une deuxième vertu en représentant un incitatif fort pour la vaccination, et contribuera substantiellement à mieux protéger le pays contre tout risque de saturation hospitalière

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