Covid-19 : l’Ile-de-France à la traîne de la reprise

Un passage couvert à Paris, en juillet 2021.

En ce deuxième dimanche d’août, la rue principale d’Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise), haut lieu touristique, est inhabituellement calme. Sous le ciel menaçant, les terrasses des restaurants peinent à faire le plein. Les touristes, qui se pressent d’ordinaire par milliers pour découvrir le village où vécut Vincent Van Gogh, ne sont pas encore revenus. A l’image de la météo, l’humeur est mitigée.

Les professionnels interrogés par le Comité régional du Tourisme Paris-Ile-de-France entre les 2 et 4 août estiment en majorité (55 %) que la saison 2021 n’est pas, pour l’heure, meilleure que la calamiteuse saison 2020, qui avait vu la fréquentation plonger de plus des deux tiers. Et 22 % estiment même que leur activité est en baisse par rapport à l’été 2020 !

A l’issue d’un premier semestre marqué par le confinement du printemps, l’émergence du variant Delta du SARS-CoV-2 et désormais l’entrée en vigueur du passe sanitaire, les commerçants ne sont guère plus enclins à l’enthousiasme. Selon l’Alliance du commerce, qui fédère des associations de commerçants parisiens, ces derniers ont connu en moyenne une baisse de 21 % de leur chiffre d’affaires au mois de juin, contre 1 % seulement à l’échelle nationale. Ce chiffre atteint même 39 % dans le quartier des Champs-Elysées, le plus touché à Paris, suivi du quartier de l’Opéra ou du boulevard Haussmann, selon cette organisation.

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Absence des touristes étrangers aisés

« Paris ne parvient pas à se relever », alerte Thierry Véron, président de la Fédération des associations de commerçants et artisans de Paris (Facap). Les professionnels se désolent de l’absence des touristes étrangers au portefeuille bien garni : Américains, Russes ou Chinois. « En temps normal, l’absence des Parisiens partis en congés est compensée par l’arrivée de nombreux touristes au fort pouvoir d’achat, note la Chambre de commerce et d’industrie Paris-Ile-de-France dans le bilan des soldes qu’elle a réalisé. Cette année, en raison de la situation sanitaire, les touristes sont peu nombreux : 73 % des commerçants n’ont pas vu de touristes dans leur magasin pendant les soldes. » Or, en 2019, 22 % des boutiques avaient réalisé plus de 40 % de leur chiffre d’affaires pendant les soldes avec cette clientèle.

La situation du tourisme et du commerce donne le ton de la reprise économique en Ile-de-France : poussive

La situation du tourisme, qui représente environ 13 % du PIB de la région en temps normal, tout comme celle du commerce, donnent le ton de la reprise économique en Ile-de-France : poussive. Alors que l’activité à l’échelle nationale n’est plus qu’à 1,5 point de son niveau d’avant-crise, selon le point de conjoncture de la Banque de France publié lundi 9 août, la région capitale apparaît avoir plus de mal que d’autres à remonter la pente, d’autant que la crise y a été plus violente. L’activité y a été réduite d’environ 30 % et la consommation de biens et services par les ménages franciliens a diminué de plus de 60 % au plus fort du confinement, selon le bilan effectué par la direction régionale de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

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